Eugène Thébault 

Élements biographiques

Eugène Thébault  Revue des Deux Mondes

Depuis des dizaines d’années, l’Allemagne intellectuelle ne cesse de fêter Shakespeare. Et le culte qu’elle a voué au grand génie dramatique contraste singulièrement avec la façon superficielle dont l’Angleterre, de nos jours, cultive le patrimoine de son plus grand poète.
En Allemagne, on l’a étudié, creusé, approfondi. Il y est devenu « poète national » au même titre que Gœthe et Schiller. On n’en a pas fait des éditions revues et abrégées pour « lecteurs pressés » comme certains en ont offert au public de langue anglaise !
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Eugène Thébault  Revue des Deux Mondes

Nous avons déjà entendu, même en France, depuis la guerre, soutenir que les Alliés ne peuvent se passer de l’Allemagne. Rien n’est plus faux : l’Allemagne, au contraire, dépend économiquement des Alliés ; elle le sait, et son chantage audacieux doit fatalement se retourner contre elle. Tous les travailleurs alliés savent que la production allemande, le commerce allemand, les matières premières allemandes ne sont pas indispensables à la vie économique des nations.
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Eugène Thébault  Revue des Deux Mondes

Aux conceptions mélodramatiques du théâtre anglais, le théâtre allemand oppose, depuis de longues années, un Shakespeare vraiment vivant, humain, dans toute sa personnalité géante et multiple, dégagé des artifices extérieurs qui faussent sa pensée et offensent son génie, un Shakespeare vaste et imprévu comme la vie. Ce Shakespeare-là, qui n’a rien des allures de froide correction qui distinguent l’Anglais cultivé d’aujourd’hui, ce n’est que sur les scènes des grands théâtres de Berlin, de Munich, de Dresde, de Stuttgart, etc. qu’il est aujourd’hui bien vivant.
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