François-Sébastien Letourneux Commentaire sur le discours prononcé par Cambacérès… (1903)

Que celui que la République a honoré de la magistrature suprême ne mette aucunes bornes à ses soins et à sa sollicitude pour elle, il ne fait que son devoir; il répond à la confiance et à la volonté du peuple, son souverain. La félicité publique et la prospérité de l'État, qui sont son ouvrage, sont aussi sa récompense ; il en est indigne, il a déjà trahi le peuple, s'il ambitionne un autre prix. La Chose publique n'était plus l'objet de ses services : ses intentions l'accusent, ses prétentions le condamnent; et c'est sur ces titres là, Monsieur Cambacérès, que vous fondez le trône impérial !
Source : Gallica

François-Sébastien Letourneux Commentaire sur le discours prononcé par Cambacérès… (1903)

Vous voilà en contradiction avec vous-même, car la génération présente n'aurait pas le droit de sanction ou la génération future aura le même droit. La génération passée avait sanctionné un autre gouvernement, une autre hérédité ; pourquoi reconnaissez-vous à celle qui existe le droit d'anéantir le contrat de ses pères? Les enfants n'auraient pas ce droit si la volonté antérieure était obligatoire, irrévocable à leur égard. Nous, qui vivons aujourd'hui, étions alors la postérité de ceux-là; nous, qui vivons aujourd'hui, serons les pères de la génération future
Source : Gallica

François-Sébastien Letourneux Commentaire sur le discours prononcé par Cambacérès… (1903)

Plus heureuse cent fois la nation qui, ayant dans son sein un homme digne du pouvoir suprême, trouve un citoyen digne de le refuser. Concilier tous les intérèts, apaiser toutes les passions, réunir toutes les voix: cela n'est que la puiss ance de la loi. C'est folie à un homme d'y prétendre. Vérité fondamentale, Monsieur Cambacérès ! qui crie encore au fond de votre conscience, quoi que profère votre bouche aux pieds du trône.
Source : Gallica

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