Georges Ducrocq

Élements biographiques

Georges Ducrocq Pauvre et Douce Corée

Un Coréen ne s’y trompe pas : à la légèreté, à la transparence, aux reflets du chapeau il juge un homme. Pour n’en pas porter il faut être coolie ou en deuil, c’est-à-dire réduit à la grande cloche de paille. Les adolescents le portent jaune clair, les hommes noir, les lettrés le remplacent par un diadème de crin. Il faut habiter longtemps la Corée pour se reconnaître dans cette hiérarchie des chapeaux et deviner la noblesse et l’éducation d’un individu à la façon dont il porte le sien, correct ou cascadeur. Il existe au coin des rues des boutiques volantes où l’on retape les vieux chapeaux.
Source : Wikisource

Georges Ducrocq Le journal de Soleiman (1924)

Nos femmes n'ont pas désappris sous la tente la patience et l'habileté de leurs aïeules. Chaque année des milliers de carpettes, de tapis de prière et de galeries quittent la Perse à destination de l'Europe ou de l'Amérique. Sous le ciel gris d'Occident, dans les villes noires de fumée, dans les pièces qu'assombrit le brouillard, nos tissus, saturés de couleurs, apportent le soleil. L'étranger nous méprise, mais il a besoin de nos roses pour les fouler aux pieds. La fantaisie et la grâce disparaîtraient de ce monde si l'Orient n'existait plus.
Source : Gallica

Georges Ducrocq Pauvre et Douce Corée

S’il entre à l’improviste dans une maison, les femmes se sauvent, en claquant les portes, oubliant quelquefois sur la natte un soulier de soie qui en dirait long, s’il pouvait parler.
Pour les jours de pluie ou d’hiver, quand ils ne peuvent jouir de la campagne, les Coréens ont des paravents qui leur en donnent l’illusion. Leurs peintres ont le talent de jeter sur le morceau de soie une branche d’épine en fleur, un vol de cigognes, une libellule ou simplement une rose qui meurt dans un vase de bronze, et, comme ils improvisent, leurs dessins sont capricieux et vivants comme la nature même.
Source : Gutenberg

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