Émile Bourdaret

Élements biographiques

Émile Bourdaret Bourdaret - En Corée, 1904

Perdu sur ce coin de l’Orient jaune, à cette heure crépusculaire qui enveloppe d’ombre la vieille cité muraillée, je pense à la puérilité de ces âmes simples et naïves qui peuplent la terre de revenants ou de choses étranges, invraisemblables, pendant que mes yeux vont des porteurs toujours en route, malgré l’heure avancée, aux lanternes des jonques, qui s’inclinent et se saluent, aux étoiles resplendissantes de ce beau ciel de Corée, et que j’écoute les « hai ! hai » de la servante, occupée avec ses clients nippons, employés des postes ou des maisons japonaises de la cité.
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Émile Bourdaret Bourdaret - En Corée, 1904

Cette longue promenade dans la ville donne le coup d’œil d’ensemble qu’il est difficile d’avoir sur cette capitale établie dans la plaine, et qui n’offre — à première vue — qu’un amas de masures où alternent les toits de tuiles et de chaume, les premiers relevés aux angles à la chinoise : aspect déconcertant, sans caractère, que l’on ne comprend pas, à moins de parcourir le dédale de ses rues. D’un point élevé des murailles, Seoul apparaît comme une mer de toits gris ou jaunes, rayée par les grandes artères de la ville.
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Émile Bourdaret Religion et Superstition en Corée (1903)

Si nous examinons le culte populaire, nous nous trouvons en présence d’un mélange de chamanisme, de démonolâtrie, de fétichisme, difficile à tirer au clair, d’autant plus que les Coréens eux-mêmes confondent le tout. Depuis les temps les plus reculés, leur crédulité a admis l’existence de démons, d’êtres surnaturels bienfaisants ou malfaisants, des esprits de toute sorte qui circulent autour de lui, qu’il voit partout, dans l’eau, dans l’air, dans les montagnes, dans les maisons. Chaque maladie est le fait d’un démon qu’il faut se rendre propice en lui faisant des offrandes.
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