Résumé

Émile Bourdaret Bourdaret - En Corée, 1904

Perdu sur ce coin de l’Orient jaune, à cette heure crépusculaire qui enveloppe d’ombre la vieille cité muraillée, je pense à la puérilité de ces âmes simples et naïves qui peuplent la terre de revenants ou de choses étranges, invraisemblables, pendant que mes yeux vont des porteurs toujours en route, malgré l’heure avancée, aux lanternes des jonques, qui s’inclinent et se saluent, aux étoiles resplendissantes de ce beau ciel de Corée, et que j’écoute les « hai ! hai » de la servante, occupée avec ses clients nippons, employés des postes ou des maisons japonaises de la cité.
Source : Wikisource

Émile Bourdaret Bourdaret - En Corée, 1904

Cette longue promenade dans la ville donne le coup d’œil d’ensemble qu’il est difficile d’avoir sur cette capitale établie dans la plaine, et qui n’offre — à première vue — qu’un amas de masures où alternent les toits de tuiles et de chaume, les premiers relevés aux angles à la chinoise : aspect déconcertant, sans caractère, que l’on ne comprend pas, à moins de parcourir le dédale de ses rues. D’un point élevé des murailles, Seoul apparaît comme une mer de toits gris ou jaunes, rayée par les grandes artères de la ville.
Source : Wikisource

Émile Bourdaret Bourdaret - En Corée, 1904

De près, cette masse s’agite, crie, rit ou fume : ce sont des Coréens, tout de blanc vêtus, la pipe à la main, coiffés de noir et chaussés de paille, pour qui l’arrivée d’un paquebot est un spectacle toujours nouveau, toujours attrayant ! Du pont je ne voyais que des robes blanches immaculées ; mais du sampan, qui me conduit à terre, je constate que si le blanc est la couleur nationale du vêtement coréen, il lui est permis de passer par toutes les teintes consécutives, de la légère grisaille au plus beau noir ciré, à en juger par les guenilles puantes et crasseuses de mon batelier.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature