Résumé

Maurice Jametel La Corée avant les traités

À cinq heures du soir, l’entrée du port de Fou-sang-kai est en vue ; à droite, une petite île élevée ferme la baie ; à gauche, la terre ferme étend, à perte de vue, sa nudité et sa tristesse, laissant entre elles un chenal large de cinq ou six cents mètres, coupé en deux par un récif à fleur d’eau. Ce rocher nain n’est pas sans nous causer quelque inquiétude ; nous en sommes réduits, pour le moment, à nos cartes, notre pilote japonais n’ayant jamais étendu jusque-là le champ de ses connaissances.
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Maurice Jametel La Corée avant les traités

Un pain de sucre solitaire, dont la face qui nous regarde est creusée d’un profond sillon qui part de son sommet et va en s’élargissant jusqu’à sa base ; dans ce sillon des champs cultivés, quelques chaumières éparses qui forment Chelingfou, la capitale de l’île, voilà Quelport telle qu’elle nous apparut, éclairée par un soleil ardent. Ce ne fut point sans quelque émotion que nous aperçûmes ce lieu où bien des malheureux de notre race, échappés au naufrage, trouvèrent une sécurité relative au milieu d’une population chez laquelle l’amour du butin l’emportait souvent sur celui de l’humanité.
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Maurice Jametel La Corée avant les traités

Pendant que nous cherchons ainsi des êtres humains ou des signes de leur existence, la terre file rapidement devant nous, les collines succèdent aux collines et les flots à d’autres flots. Dans l’après-midi, nous atteignons l’extrémité nord de Tsoushima, et nous entrons dans le détroit de Corée ; à peine les côtes de l’île commencent-elles à perdre de leur netteté que nous apercevons, à l’horizon, les arides collines de la Corée, cette terra incognita qui, avant même d’être ouverte au monde occidental, a été lavée par le sang de ses missionnaires et de ses marins.
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