Résumé

Édouard Diguet Les Annamites : société, coutumes… (1906)

Il fallait traverser le Song Bang Giang pour se rendre au lieu de la sépulture. Des radeaux de bambous attendaient le cortège sur le bord du fleuve. On y embarqua le catafalque et l'autel de l'âme avec les fils du défunt, et pendant que le reste de la famille et les femmes vêtues de blanc restaient agenouillées sur la rive, prosternées et gémissantes, les trois radeaux glissaient majestueusement sur la nappe liquide iradiée par les feux du soleil de midi. D'un geste lent deux ou trois hommes appuyaient sur leur perche, et le convoi s'éloignait insensiblement.
Source : Gallica

Édouard Diguet Les Annamites : société, coutumes… (1906)

Enfin on a rassemblé à l'intérieur de la maison de l'âme, afin de charmer les loisirs de son voyage, les images des objets les plus familiers du défunt, vêtements en papier, théières, tasses, pipe à opium et les inévitables barres d'or et d'argent qui doivent lui servir de monnaie dans l'autre monde. Sous le char de l'âme marchent courbées sur leur bâton de deuil un groupe de femmes : deux d'entre elles portent les dernières sandales du défunt et les coussins sur lesquels il aimait à s'accouder.
Source : Gallica

Édouard Diguet Les Annamites : société, coutumes… (1906)

Aussi est-ce toujours avec un certain ébahissement que les Annamites nous voient offrir le bras aux clames et surtout leur prendre la taille pour danser. Ils comprennent difficilement que des hommes sérieux et des femmes honnêtes puissent prendre plaisir à tourner en cadence avec une familiarité qu'ils trouvent indécente. Leur offre-t-on de danser? Ils répondent que chez eux, il n'y a que les danseuses de profession qui se livrent à cet exercice fatigant. Cette pudibonderie de l'Annamite ne cache nullement une âme dépravée, et répond au contraire à une réelle honnêteté de moeurs.
Source : Gallica

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