Édouard Diguet

Résumé

Édouard Diguet Les montagnards du Tonkin (1908)

A. — Donnons tout d'abord la curieuse légende qui a trait à la formation des merveilleux lacs qui constituent les Ba Bê (troismers) . Il faut avoir glissé sur leurs eaux limpides où se mirent de hautes montagnes et leurs sombres forêts pour comprendre toute la sauvage poésie d'un paysage du haut Tonkin. Il faut avoir vogué - sur ces eaux calmes, n'entendant d'autre bruit que le clapotis des rames et les appels des singes pour saisir toute la placidité du caractère des montagnards qui sont nés et vivent au milieu de ce silence majestueux.
Source : Gallica

Édouard Diguet Les montagnards du Tonkin (1908)

Grâce à son énergie et son assiduité au travail le Mèo arrive à mettre en valeur et à tirer le maximum de rendement d'une région où il y a plus de rochers que de terres cultivables. C'est un spectacle vraiment curieux que de le voir conduire son boeuf et sa charrue au travers d'un véritable chaos de rochers noirs qui ne laissent quelquefois entre eux qu'un pauvre mètre carré de terrain. A chaque pas la charrue arrache un morceau de rocher que l'infatigable laboureur va sans tarder porter au tas de pierres le plus voisin.
Source : Gallica

Édouard Diguet Les montagnards du Tonkin (1908)

L'homme et la femme partent pour le village où a lieu le marché le plus voisin, lui à cheval s'il peut s'offrir ce luxe, les mains ballantes ou tenant son ombrelle, elle à pied et ployant sous le faix des marchandises qu'elle va vendre. Une fois arrivés, elle installera son éventaire et restera plusieurs heures au soleil à attendre la clientèle pendant que son seigneur et maître, pimpant clans sa tunique la plus neuve, ira faire le beau devant les jolies marchandes, boire du vin de riz à l'auberge, fumer l'opium ou jouer allégrement l'argent si péniblement amassé par sa malheureuse compagne.
Source : Gallica

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