Raoul Postel

Résumé

Raoul Postel A travers la Cochinchine (1887)

Dans les villes, à Saïgon et à Cho-len par exemple, les pagodes élèvent leurs toits fantastiques dans les plus beaux quartiers indigènes, ayant soin de dominer pieusement les vaniteux et les riches. Aussi concevra-t-on que le luxe y soit excessif: les Chinois, principalement, poussent jusqu'à ses dernières limites la plus fabuleuse ostentation : ce n'est pas la foi qui délie leurs bourses, c'est l'orgueil; tel riche et gras commerçant tiendra à coeur d'éclipser son rival dans l'offre des dons magnifiques dont il pare son idole favorite et son temple.
Source : Gallica

Raoul Postel A travers la Cochinchine (1887)

La peine de mort se subit de deux manières : par strangulation ou par décapitation. Le Code annamite, usant d'un raffinement spécial, décrète même la mort avec sursis. Je n'ai voulu assister, pendant mon séjour en Cochinchine, à aucune exécution capitale : mais je sais que les Annamites n'y attachent aucun préjugé déshonorant. C'est pour eux une façon comme une autre de se débarrasser de la vie et de se réfugier dans cet anéantissement (nirvâna) si cher à Bouddha. Par contre, il n'est personne à Saigon qui ne connaisse l'exécuteur des hautes oeuvres.
Source : Gallica

Raoul Postel A travers la Cochinchine (1887)

La religion prédominante des pays d'Annam est un bouddhisme mélangé de croyances superstitieuses. Le peuple adore Bouddha sous le nom de Phât, et personnifie le ciel sous celui de Ong-Troï. En réalité, son véritable culte est celui « des ancêtres ». Il n'en élève pas moins des pagodes à certains génies, surtout aux génies malfaisants. Ses crédules frayeurs peuvent seules émouvoir son indifférence native. C'est ce qui explique le serpent ou dragon, emblème du mal, qui couronne toujours le sommet de leurs temples : l'effroi qu'il inspire en a fait une allégorie sacrée.
Source : Gallica

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