H.-L. Jammes

Résumé

H.-L. Jammes Souvenirs du pays d'Annam (1900)

Les petits continuant à être gavés pendant les longs jours de leur captivité dans l'enceinte barricadée, grossissent à vue d'ceil. Leurs plumes se forment ; une blanche toison, aussi douce que du poil de loutre, s'étend sous leur ventre dodu.
Le fermier n'a qu'à choisir son temps pour accomplir son massacre qui a lieu, le plus souvent, la nuit, à la lueur des torches, quand le père et la mère sont au nid.
À coups de bâton et de coutelas, la besogne est bientôt faite. Ce spectacle, auquel (pour mon malheur) j'ai assisté pendant les jeunes ans de mon séjour en Cochinchine, m'a fendu l'âme.
Source : Gallica

H.-L. Jammes Souvenirs du pays d'Annam (1900)

L'AGRICULTURE CHEZ LES ANNAMITES
Le travail de la terre. — La pagode de Le-Thang-Nonh. — Le culte des champs. — Les grands remueurs de vase. Les projets du Thong-Coc-Loc. — Les canaux du Bas-Annam
Il était naturel qu'un peuple qui a porté si haut le culte du foyer et de la famille, devint un fanatique de la glèbe, un cultivateur dans l'âme, aussi amoureux de sa terre que du village où il reçut le jour.
L'Annamite est, en effet, le terrien par excellence de l'Indo-Chine qu'il imprégna de ses vertus domestiques et de son charmant idéal.
Source : Gallica

H.-L. Jammes Souvenirs du pays d'Annam (1900)

Chez les Annamites, au contraire, la famille, fortement constituée, rend le père, auteur de la vie, maître absolu des existences. La morale familiale se concentre et rayonne autour du chef du foyer domestique libre dispensateur de la vie ou de la mort du nouveau-né! Le législateur trouva la chose si naturelle, que l'infanticide pur et simple, sans aggravation de tortures voulues et étudiées, ne relève pas des tribunaux criminels, mais bien de l'autorité familiale qui doit savoir la raison de haute importance, le motif domestique qui l'ont fait agir.
Source : Gallica

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