H.-L. Jammes, Souvenirs du pays d'Annam (1900)
“ Les petits continuant à être gavés pendant les longs jours de leur captivité dans l'enceinte barricadée, grossissent à vue d'ceil. Leurs plumes se forment ; une blanche toison, aussi douce que du poil de loutre, s'étend sous leur ventre dodu. Le fermier n'a qu'à choisir son temps pour accomplir son massacre qui a lieu, le plus souvent, la nuit, à la lueur des torches, quand le père et la mère sont au nid. À coups de bâton et de coutelas, la besogne est bientôt faite. Ce spectacle, auquel (pour mon malheur) j'ai assisté pendant les jeunes ans de mon séjour en Cochinchine, m'a fendu l'âme. ”
