Raoul Postel

Résumé

Raoul Postel Sur les bords du Mé-Không (1884)

Les immigrants chinois, si nombreux dans notre colonie de l'extrême Orient, forment assurément le groupe le plus intéressant parmi les Asiatiques de toute sorte qui y pullulent. Ce peuple, véritable sphinx, n'a point encore livré la clef de son énigme aux Européens. Nous autres Français principalement, nous ne le jugeons que d'après sa surface, en vertu de notre habituelle légèreté, qui ne nous laisse rien approfondir.
Pour nous, c'est un peuple qui ne songe qu'au gain, qui applique exclusivement ses étonnantes facultés à ce but, qui ne rêve et ne comprend rien au delà.
Source : Gallica

Raoul Postel Sur les bords du Mé-Không (1884)

C'est ainsi qu'il m'est arrivé, bien malgré moi, de manger du caïman dans les premières semaines de mon arrivée à Saigon. Quelques coups de rotin, intelligemment appliqués, ont fait comprendre à mon cuisinier chinois qu'il eût désormais à se pourvoir autrement.
Pendant la saison sèche, quand les cours d'eau commencent à baisser et quand le lit des étangs et des rizières est à sec, il n'est pas rare de rencontrer dans la brousse, ou même longeant intrépidement une route, quelqu'un de ces monstres errant en quête d'eau. Leur humeur est, alors, dangereuse.
Source : Gallica

Raoul Postel Sur les bords du Mé-Không (1884)

Les Annamites conservent toute l'année de jeunes caïmans dans des réservoirs spéciaux comme denrées d'alimentation. J'ai vu, notamment, ces remarquables comestibles soigneusement mis en dépôt dans les villages qui bordent l'Arroyo chinois depuis Saïgon jusqu'à Cho-len. Pour capturer ce gibier d'un nouveau genre, les indigènes épient le moment où il dort au sec, lui sautent sur le dos, lui coulent les doigts dans les yeux, lui passent un nœud coulant autour de la gueule et, finalement, lui lient les pattes. Quant aux Cambodgiens, ils le prennentà l'hameçon.
Source : Gallica

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