Résumé

Paul Lechesne Notations lointaines. Indo-Chine… (1907)

Sortis de l'insécurité et de l'Au-jour-le-jour d'autrefois, nos sujets de l'Annam et du Tonkin [seules régions menacées de disettes périodiques] , sont en droit de ne pas comprendre qu'une administration aussi perfectionnée, aussi magnifique, que la nôtre, puisse à l'occasion les laisser encore, après vingt ans, mourir de faim. Une récolte manquée par la sécheresse, un typhon, une inondation, nous prennent au dépourvu, et tout ce qu'on peut faire,— après des tâtonnements et des retards,— c'est atténuer un peu, non pas guérir ou supprimer, le désastre des existences.
Source : Gallica

Paul Lechesne Notations lointaines. Indo-Chine… (1907)

Cette distance morale, ce ne sont pas des hommes âgés déjà, de tempérament noué, contents d'euxmêmes et de leur passé (même quand ils n'ont qu'à se réclamer de la politique) — ne connaissant de l'Indo-Chine que le besoin aigu d'y émarger, — qui seront disposés à la franchir, au diapason d'ailleurs sage et réfléchi des vitesses asiatiques. Le « colonisme » est une carrière, et non pas un pisaller, le refuge des naufragés métropolitains. S'il s'y infiltre des « brisures»,— c'est inévitable, — ce doit être dans la proportion infime qu'on tolère commercialement dans nos riz d'exportation.
Source : Gallica

Paul Lechesne Notations lointaines. Indo-Chine… (1907)

Il est facile de constater chaque jour, quand on est colonial, combien tout se ramène au budget, en découle et s'y cramponne, qu'il s'agisse de travaux publics, de fournitures, de régies, voire même de simple commerce, puisque la masse des acheteurs blancs reste constituée par des fonctionnaires. Combien peu, parmi nos compatriotes, méritent le nom de négociants, c'est-à-dire sont indépendants vraiment de ce dieu budget, dont on vide les mains, mains que le peuple doit emplir sans cesse.
Source : Gallica

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