Hans Staden

Élements biographiques

Hans Staden Des hommes sauvages nus féroces et anthropophages (1557)

Je vois qu’elle est irritée contre vous ; car, dans ma douleur, il me semblait que la lune elle-même me jetait des regards de colère, et je croyais être en horreur à Dieu comme aux hommes. Alors Jeppipo Wasu, un des chefs qui voulaient me faire périr, me demanda contre qui la lune était en colère. C’est ta cabane qu’elle regarde, lui dis-je. Mais voyant que ces paroles le mettaient en fureur : Ce n’est pas contre toi qu’elle est irritée, mais contre les Carios. C’est le nom d’une autre tribu sauvage. C’est bien, dit-il, que tout le mal retombe sur eux.
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Hans Staden Des hommes sauvages - original

Vous voyez ! leur dis-je, vous ne vouliez pas croire que Dieu était irrité de voir cet enfant manger de la chair humaine. Néanmoins ils prétendirent que c’était ma faute, et que le temps serait resté beau s’il eût mangé sans que je m’en fusse aperçu.
Quand nous fûmes de retour au village, Alkindar Miri, un de mes maîtres, me dit : « Eh bien ! tu as vu comment nous traitons nos ennemis. » Je lui répondis : « Ce n’est pas de les tuer, mais de les manger que je trouve horrible. « C’est notre usage, dit-il, et nous traitons les Portugais de la même manière. »
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Hans Staden Des hommes sauvages nus féroces et anthropophages (1557)

Quand nous arrivâmes à la cabane, un de ceux qui m’accompagnaient s’avança, et dit à haute voix, de manière à être entendu de tout le monde : « Je vous amène l’esclave, le Portugais », et il ajouta que c’était une belle chose d’avoir ses ennemis en son pouvoir. Il fit un long discours, comme c’est leur usage, et me conduisit au roi, qui était assis et buvait avec les autres. Ils s’étaient déjà tous enivrés avec la boisson qu’ils fabriquent et qu’ils nomment kawawy. Ils me regardèrent d’un air courroucé, en disant : « Es-tu venu notre ennemi ? »
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