José Germain et Stéphane Faye

Élements biographiques

José Germain et Stéphane Faye Revue des Deux Mondes

Le 7 février, à 7 à 30, l’escadrille se met en route. Le temps est nébuleux, le ciel pommelé ; les ombres denses que projettent sur le sol les nuages créent l’illusion d’une infinité d’îlôts que les aviateurs prennent pour des oasis. En région sablonneuse, la piste demeure invisible ; les appareils ne se suivent plus. Mais le général Laperrine, lui, a deviné sa piste familière ; quand le commandant Rolland atterrit à Ouargla, le général, à côté du commandant Vuillemin, l’attend sur le terrain où, une heure et demie plus tard, un des avions vient se briser.
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José Germain et Stéphane Faye Revue des Deux Mondes

Mais il importe de parer au plus pressé : faudrait-il donc évacuer Fort-Motylinski au moment même où l’on se demande, la mort dans l’âme, s’il ne faudra pas évacuer Fort-Flatters ? La chute d’Agadès semble imminente ; depuis les premiers jours de décembre 1916, le Senoussiste Khaoussen, après avoir soulevé tout l’Air, escompte ce succès dont le retentissement serait formidable ; et l’on va répétant de tribu en tribu que déjà les premiers coups qu’il a portés ont ébranlé l’âme fidèle de Moussa ag Amastane. Il est grand temps d’aviser, de ne pas faire un geste inutile, et de frapper fort.
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José Germain et Stéphane Faye Revue des Deux Mondes

Le capitaine Laperrine méritait-il de se détacher ainsi, en haut relief, du groupe de ces officiers coloniaux légitimement orgueilleux et fiers de leur rôle, et capables, tous, d’abnégation, d’initiative intelligente et d’héroïsme ? N’y avait-il pas là seulement une de ces irrésistibles sympathies qui attachent un soldat à un autre soldat sans considération de grade et qui les soudent l’un à l’autre, à la vie, à la mort ? Le capitaine Laperrine était-il plus qu’un capitaine, plus qu’un chef ?
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