Ludovic Jully

Élements biographiques

Ludovic Jully Étude sur Boursault (1865)

Mais nous devons à la justice d'être plus complet qu'eux. Boursault, heureusement, ne transformait pas les questions de vanité en questions d'honneur. Quand, au lieu de laisser le temps fermer les blessures faites à l'amour-propre, on se plaît à les entretenir et à les aviver ; quand le dépit tourne en haine implacable et tenace, on devient suspect de bien autre chose que d'un travers d'esprit. Mais notre poète ne connaît pas ces rancunes implacables. Son nom est resté en toutes lettres dans l'Impromptu de Versailles; il a subi ce châtiment sans se plaindre, et a su admirer Molière.
Source : Gallica

Ludovic Jully Étude sur Boursault (1865)

Le secrétaire de la duchesse d'Angoulême semblait fait pour saisir au vol la nouvelle de cour, le bon mot de la journée, le dernier sonnet répété de ruelle en ruelle, ou rimer lui-même des rimes plus ou moins ingénieuses ; dans ce style précieux et maniéré si cher au petit salon bleu d'Arthémise, et dont les traces se retrouvent trop souvent chez lui-même. Ce serait un tort de voir dans Boursault un grave financier qui n'aurait regardé la poésie que comme un petit talent propre à lui ménager des entrées dans les bonnes maisons.
Source : Gallica

Ludovic Jully Étude sur Boursault (1865)

Sa place est donc marquée, bien qu'à un rang modeste, dans l'histoire des lettres, et s'il est de ceux qu'on nomme et qu'on ne lit guère, il faut reconnaître que la critique s'est exercée plus d'une fois sur des œuvres qui ne valent pas les siennes. En revanche, il serait puéril de s'exagérer son mérite. Avec tout son esprit, Boursault n'a jamais été bien maître de sa plume, et l'insuffisance de ses études donne un caractère de légèreté superficielle et de frivolité à des œuvres où la verve facile et coulante ne rachète pas toujours la pauvreté du fond.
Source : Gallica

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