Misia Sert

Élements biographiques

Portrait de Misia Sert Misia Sert Misia (1952)

Je ne sais rien de plus agréable que de se sentir tout à coup très intelligent. Sert avait le pouvoir de vous rendre intelligent. Ce sentiment irretrouvable que l'on éprouve au sortir de l'adolescence, lorsque, pour la première fois, un grand homme vous explique une grande idée, et que, brusquement, le voile se déchire : vous saisissez, vous êtes de plain-pied avec l'autre, vous suivez aisément, vous sautez de concert avec lui, sans en accrocher une seule, toutes les barrières de la course de l'esprit, vous vous promenez, le cœur apaisé, dans le jardin secret de l'intelligence.
Source : Gallica

Portrait de Misia Sert Misia Sert Misia (1952)

Et cependant l'homme n'a pas cessé, sous cette invraisemblable vague de gloire, de rester l'argile tendre dont tout artiste est pétri : c'est bien ce qui me laisse profondément attachée à lui. Je ne puis croire qu'il n'ait jamais douté — à certains moments même, désespéré. Cependant, le public s'emparait avidement de n'importe quoi de Picasso sans que jamais ne s'élève la voix de l'enfant du conte d'Andersen qui, malgré l'aveugle admiration des foules prosternées, s'est écrié dans son innocence : « Mais le roi est nu ! » Lui, Picasso, dans bien des cas, le savait.
Source : Gallica

Portrait de Misia Sert Misia Sert Misia (1952)

Jamais, avec Sert, je n'eus cette harassante impression de « visite de musée » d'où l'on rentre généralement le cerveau farci de tout un catalogue de vieilles gloires fanées, le corps plus fatigué que par une marche en montagne et le cœur serré de tristesse. De chacun de ces innombrables monuments je suis sortie avec lui comme de l'atelier d'un ami où il m'eût menée voir celles de ses œuvres qu'il préférait. Et ce qu'il m'avait dit de ces tableaux les avait si naturellement rendus pour toujours vivants dans mon cœur, que je me sentais chaque jour riche de trésors nouveaux.
Source : Gallica

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