René Mercier

Élements biographiques

René Mercier Nancy sauvée... (1917)

Cela fait plus d'effet auprès de certains qu'une victoire réelle.
Ainsi nous sommes ballottés entre les informations les plus caressantes, comme la prise de Mulhouse, les plus déprimantes, comme notre évacuation de la cité pour un jour conquise, les plus atroces, comme le bombardement de Pont-à-Mousson, — si proche de Nancy ! — et les plus douces, comme le transport en France, sur les épaules des brancardiers, d'un poteau frontière allelnand.
Et nous continuons à avoir le sourire parce que nous donnons toujours la première place aux faits qui nous sont le plus agréables.
Source : Gallica

René Mercier Nancy sauvée... (1917)

Les Allemands sont ravitaillés, paraît-il, à la diable. Ils meurent de faim. Le service de l'intendance est déplorable.
Les prisonniers, uhlans, chasseurs ou fantassins, que l'on amène à Nancy, sont découragés. On leur a fait croire que nous étions désemparés, que Poincaré avait été assassiné, que la révolution bouleversait Paris, et qu'enfin un corps allemand occupait notre ville. Ils s'aperçoivent qu'on les a trompés, et le disent. La population les accueille sans cris, sans injures, curieusement. On les regarde et on se tait. On rend honneur au courage malheureux.
Source : Gallica

René Mercier Nancy sauvée... (1917)

En Alsace on nous accueille comme des sauveurs. Le général Pau affirme que nous serons à Strasbourg sans qu'un seul coup de canon soit tiré.
Nos soldats sont d'un entrain prodigieux.
On dirait qu'ils s'amusent de la bataille. Ils sont vraiment pareils à des gosses qui jouent et font des farces dans la tragédie. Ils ne demandent qu'à marcher. Ils sont furieux quand on les retire des avant-postes pour les remplacer par des troupes nouvellement arrivées.
La mobilisation n'a pas eu un accroc. L'enthousiasme est serein et gouailleur. C'est la certitude tranquille et railleuse de la victoire.
Source : Gallica

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