Alexandre Lacassagne

Alexandre Lacassagne

Résumé

Portrait de Alexandre Lacassagne Alexandre Lacassagne La verte vieillesse (1921)

Qui sont ceux qui prétendent que le monde est devenu vieux ? Je les crois sans peine. L'ambition, la gloire, l'amour, en un mot toutes les passions des premiers âges ne font plus les mêmes désordres et les mêmes bruits. Ce n'est pas peut-être que ces passions soient aujourd'hui moins vives qu'autrefois ; c'est parce qu'on les désavoue et qu'on les combat. Je dis donc que le'monde est comme un vieillard qui conserve tous les désirs de la jeunesse, mais qui en est honteux, et s'en cache, soit parce qu'il est détrompé du mérite de beaucoup de choses, soit parce qu'il veut le paraître.
Source : Gallica

Portrait de Alexandre Lacassagne Alexandre Lacassagne La verte vieillesse (1920)

Mon imagination, déjà moins vive, ne s'enflamme plus comme autrefois à la contemplation de l'objet qui l'anime ; je m'enivre moins du délire de la rêverie ; il y a plus de réminiscence que de création dans ce qu'elle produit désormais; un tiède alanguissement énerve toutes mes facultés; l'esprit de vie s'éteint en moi par degrés; mon âme ne s'élance plus qu'avec peine hors de sa caduque enveloppe, et sans l'espérance de l'état auquel j'aspire parce que je m'y sens avoir droit, je n'existerais plus que par des souvenirs.
Source : Gallica

Portrait de Alexandre Lacassagne Alexandre Lacassagne La verte vieillesse (1920)

La mort s'arrête là.
La mort. — L'enfant y court les yeux fermés; l'homme est stationnaire; le vieillard y arrive le dos tourné. L'enfant ne voit point de terme à sa durée; l'homme fait semblant de douter si l'on meurt; le vieillard se berce, en tremblant, d'une espérance qui se renouvelle de jour en jour; c'est une impolitesse cruelle que de parler de la mort devant un vieillard. On honore la
vieillesse mais on ne l'aime pas.
Source : Gallica

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