Résumé

Alexandre de Tilly Mémoires du duc de Lauzun et du comte de Tilly… (1862)

Le marquis de V***, mon parent, qui va voir son fils élevé aussi page de la reine, m'a conduit à sa voiture, et nous voilà emportés vers la capitale de la France, où depuis se sont pesés les destins du monde.
A force de me vanter Versailles et sa pompe, la richesse variée et pittoresque de ses environs, la magnificence du palais, de son parc, de ses jardins, de ses statues, l'éclat et la splendeur qui environnaient le trône de nos rois, on m'avait fait rêver des impossibilités et croire à des créations qu'il n'est donné à l'homme ni de contempler ni d'atteindre.
Source : Gallica

Alexandre de Tilly Mémoires du duc de Lauzun et du comte de Tilly… (1862)

Je m'attachai sincèrement à la reine, dont les bontés et la confiance me touchaient. Je voulus lui faire gouverner un grand empire, lui faire jouer à vingt ans le rôle le plus brillant qui pût à jamais la rendre célèbre. Je voulus enfin qu'elle devînt l'arbitre de l'Europe ; mais plus je désirais la couvrir de gloire, plus il me semblait que je devais rendre facile la route qui devait la conduire à l'immortalité. J'osai m'adresser à l'impératrice de Russie, et lui demander si elle voulait après elle laisser encore l'empire du monde entre les mains d'une femme.
Source : Gallica

Alexandre de Tilly Mémoires du duc de Lauzun et du comte de Tilly… (1862)

M. le duc de Choiseul avait une sœur chanoinesse de Remiremont, qui n'avait pour toute fortune que sa prébende, mais qui joignait à tous les agréments de son sexe le caractère d'un homme propre aux grandes choses et aux grandes intrigues ; il la prit chez lui. Madame de Choiseul était laide, mais de ces laideurs qui plaisent généralement : on pouvait avec raison l'appeler une femme désirable. Elle ne fut pas longtemps sans vouloir gouverner son frère, et vit bien que le plus sûr moyen de prendre de-l'empire et d'empêcher celui d'une maîtresse était d'en faire son amant.
Source : Gallica

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