Guéméné

Définition et enjeux

Portrait de Colette Yver Colette Yver Princesses de science (1907)

Imperturbable, il continuait sa vie scientifique. Nul ne connut l’orage qui gronda en lui pendant ces mois de lutte. D’ailleurs il n’entendait point épouser une doctoresse. Il comprenait Pautel, mais non pas Guéméné ; c’est pourquoi, devant ce mari si respectueux des droits de sa femme, il n’avait pu réprimer tout à l’heure un tressaillement léger de révolte.
Ce jour-là, on attendait Guéméné chez les Jourdeaux : il ne s’attarda pas à la Charité, sauta dans un fiacre, se fit conduire boulevard Saint-Martin. Madame Jourdeaux, en peignoir de laine, brodait auprès du lit de son mari.
Source : Gutenberg

Portrait de Colette Yver Colette Yver Princesses de science (1907)

Cette idée, jointe à l’orgueil de sa paternité, le rassérénait. Il alla lui-même à la Charité pour voir Boussard et l’avertir de ce qui, du jour au lendemain, forçait la jeune interne au repos. Guéméné rencontra l’homme célèbre comme celui-ci descendait, avec ses élèves, de la salle des femmes dans celle des hommes ; et, sans attendre, en plein corridor, il lui dit à l’oreille la grande nouvelle. Boussard, qui avait été son maître ici même, sourit, lui serra la main, le félicita.
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Portrait de Colette Yver Colette Yver Princesses de science (1907)

Il l’aurait aimée féminine et sensible dans son art, soignant pour guérir, par compassion, par bonté. Il lui aurait voulu des rêves de dévouement et de charité qu’il n’avait pas été sans connaître lui-même, au début de ses études. Une tendre pitié, quelque chose de plus raffiné, de plus délicat que la philanthropie des grands docteurs, eût été pour Guéméné la raison d’être et comme la justification des femmes médecins. Mais il voyait, au contraire, en celle-ci, plus d’indifférence devant la personnalité du malade que n’en montrent, d’ordinaire, les étudiants.
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