Alphonse Rabbe

Résumé

Alphonse Rabbe Album d’un pessimiste

La mort était devenue son culte de tous les jours, et il s’appliquait à la parer, afin d’avoir au moins une joie dans ce refuge et la perspective d’un avenir dans ce néant. Chaque sentence, chaque maxime, chaque réflexion où elle était représentée, sinon toujours comme un bienfait, du moins comme un soulagement ou plutôt une issue à l’enfer de la vie, était, par lui, recueillie religieusement et avec une sincère gratitude envers son auteur. C’était là la manne qu’il cherchait et dont il aimait à se nourrir ; c’étaient les fleurs du trépas qu’il glanait dans le champ de la philosophie.
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Alphonse Rabbe Album d’un pessimiste

J’aurai toujours quelque peine à croire que les Socrate, les Marc-Antonin, les Thraséas et les Caton, n’eussent pas des idées convenables sur la dignité de la nature humaine, et sur les devoirs à remplir envers la Divinité. J’abandonne toutefois cette difficulté ; mais je trouverai facilement parmi les modernes des approbateurs du suicide, et le nombre en serait plus grand sans doute, si la crainte d’être flétri du nom de corrupteur de la morale publique, n’avait empêché beaucoup d’hommes dont la hardiesse n’égalait pas les lumières, de s’exprimer avec une entière sincérité.
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Alphonse Rabbe Album d’un pessimiste

L’opinion des sots est beaucoup, puisque la société est leur domaine, et qu’ils y décident de tout en souverains absolus. Tout ce qu’a pu faire de mieux la science expérimentale de la vie, c’est de nous apprendre, non à leur résister, non à les combattre, mais a les fuir. Or, cette égrégation du vulgaire, de la foule, et des anxiétés de la tourmente sociale, est précisément la question à résoudre, pour celui qui peut trouver dans son avoir un gage suffisant d’indépendance et de repos.
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