Résumé

V. Duruy Revue des Deux Mondes

Il ne doit être permis qu’aux pères de famille de célébrer les rites où la pudeur des enfans serait compromise, et il sera défendu à ceux-ci d’assister aux représentations des comédies et des drames satiriques jusqu’à ce qu’ils aient l’âge nécessaire pour se préserver eux-mêmes des mauvaises influences. Ces légendes des dieux, toutes remplies de leurs amours, forcèrent la piété et la poésie à s’arrêter avec complaisance sur des détails voluptueux et impurs, dont le moindre mal fut de priver les Grecs d’une des grâces les plus charmantes de l’art, de la pensée et du sentiment, la pudeur.
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V. Duruy Revue des Deux Mondes

De l’envie des dieux. Le ciel reflète la terre : la jalousie des hommes contre tout ce qui s’élève a fait croire à la jalousie des dieux contre tout ce qui grandit. « Les Immortels, dit Hésiode, cachèrent aux hommes le secret d’une vie frugale qui, en un jour de travail, aurait trouvé de quoi subvenir aux besoins d’une année entière. Irrité contre Prométhée qui avait dérobé le feu du ciel pour l’apporter aux mortels, Jupiter lui dit : « Fils de Japet, tu le réjouis d’avoir trompé ma sagesse, mais ton vol sera fatal à toi-même et aux hommes, car je leur enverrai un funeste présent. »
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V. Duruy Revue des Deux Mondes

Mais le grain qui, enfoui dans le sol, se développe et, après la moisson, recommence une vie nouvelle, le rameau qui, verdoyant au printemps, se charge de fruits à la maturité, puis se dessèche pour revivre au renouveau, étaient aussi le symbole de l’existence humaine et des espérances d’outre-tombe, en même temps que l’image de la passion des deux divinités qui, tour à tour, mouraient et ressuscitaient. Aux premières fleurs qui s’épanouissaient, on chantait la naissance de Dionysos ; l’hiver venu, lorsque la nature était en deuil et la terre inféconde, on pleurait sa mort.
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