Anne Bignan, Ernest Falconnet, Essai sur Hésiode.
“ Le chantre alors exerçait l’autorité du législateur ; un vers d’Homère, un précepte d’Hésiode, étaient révérés comme une loi de Lycurgue ou de Solon. Ce pieux respect, qui semble placer dans le ciel même le berceau de la poésie, n’appartient qu’à la jeunesse des peuples. Plus ces peuples vieillissent et plus le domaine du positif usurpe celui de l’idéal et du merveilleux. La poésie devient, non plus la base nécessaire, mais une simple décoration de l’édifice social : objet de vaine distraction pour quelques individus, elle ne pénètre plus, victorieuse, dans l’esprit des masses. ”
