Anne Bignan, Ernest Falconnet

Résumé

Anne Bignan, Ernest Falconnet Essai sur Hésiode.

Le chantre alors exerçait l’autorité du législateur ; un vers d’Homère, un précepte d’Hésiode, étaient révérés comme une loi de Lycurgue ou de Solon. Ce pieux respect, qui semble placer dans le ciel même le berceau de la poésie, n’appartient qu’à la jeunesse des peuples. Plus ces peuples vieillissent et plus le domaine du positif usurpe celui de l’idéal et du merveilleux. La poésie devient, non plus la base nécessaire, mais une simple décoration de l’édifice social : objet de vaine distraction pour quelques individus, elle ne pénètre plus, victorieuse, dans l’esprit des masses.
Source : Wikisource

Anne Bignan, Ernest Falconnet Essai sur Hésiode.

Mais son mérite le plus incontestable, c’est d’avoir été poëte moraliste. A la paresse, à l’amour de l’or et des plaisirs, à tous les vices d’une société où les croyances s’énervent, mais où les idées s’étendent et se fortifient, il oppose la sagesse de ses maximes. Les conseils qu’il donne à son frère s’appliquent à tous ses contemporains. Sa muse initie l’homme au culte d’une morale plus pure ; elle flétrit l’oisiveté comme un fléau et vante le travail comme une source inépuisable de vertus, de richesses et de bonheur.
Source : Wikisource

Anne Bignan, Ernest Falconnet Essai sur Hésiode.

Tout mutilé qu’il est, ce poëme ne laisse pas d’être aussi utile à étudier que la Théogonie. Indépendamment du luxe de poésie dont il est orné en certains passages, il fournit de précieux matériaux pour reconstruire le siècle d’Hésiode : s’il nous atteste les progrès des sciences et des arts, il nous initie au secret de cette corruption de mœurs qui dégénérait en tyrannie chez les rois, en vénalité chez les juges, en avarice, en jalousies, en haines, en paresse chez presque tous les citoyens.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature