André Chandor

Résumé

André Chandor Princesse Nichonnette

L’œil encore vague, elle regarda le fauteur de tant de tapage et à sa seule vue, la raison et l’esprit lui revinrent subitement.
— Ciel ! s’écria-t-elle...
Et elle essaya de s’enfuir dans le simple appareil où elle se trouvait. Mais son compagnon la saisit par le bras et l’immobilisa. Le prince avait compté sans l’astuce de la terrible camériste. Se sentant prise au piège, Wassline — car vous avez deviné déjà que c’était elle — se mit à son tour à glapir comme si on lui introduisait de force un lavement d’huile bouillante.
À ce moment, la porte s’ouvrit et Nichonnette entra dans la chambre.
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André Chandor Princesse Nichonnette

Il devait être environ neuf heures et le soleil, déjà haut, entrait à flots dans la chambre de Nichonnette. Sur le lit bas, dont les draps avaient été furieusement rejetés et gisaient pêle-mêle avec les couvertures sur le tapis, deux corps étaient allongés. L’un, vêtu d’un pyjama du jaune le plus cocu qui soit, accusait par ses formes adipeuses et peu appétissantes le mâle trop gavé avant l’âge. L’autre, par contre, n’accusait pas, au contraire, il se dévoilait tout seul dès le premier regard : c’était un superbe corps de toute jeune femme à peu près entièrement nue.
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André Chandor Princesse Nichonnette

Mais, très amoureux de Nichonnette, le prince Zifolo — Zizi, comme elle l’appelait elle-même — s’emporta contre ce qu’elle croyait « des raisons d’ordre national ».
— Comment, lui dit-il, tu m’abandonnes au moment précis où je vais toucher au but, où mes longs et périlleux efforts vont être couronnés de succès ! Ma pauvre petite, tu parles de raisons nationales, mais dans un mois d’ici, ces raisons ne vaudront plus rien. Il n’y aura plus de royaume de Boulimie ! mais une République boulimienne... et c’est moi qui en serai le président...
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