Résumé

Anthelme Rollin Le Cardinal roi, par Anthelme Rollin… (1844)

Ah ! laissez-moi dormir !
— Tu ne dormiras point. — Moi, ton ennemi !
— Mon ennemi ? qu'il soit généreux, et ne me dispute pas mes derniers instants.
— Je te les disputerai ! —- Moi, l'époux de ta reine de France ; d'elle , qui t'apparaît belle et gracieuse ; d'elle , à qui ses ennuis donnent un air mélancolique et tendre, une profonde tristesse qui captivent ton âme ; moi, l'époux de ton Anne d'Autriche, enfin !
Le maréchal s'assit sur son lit, et s'écria : —Ciel ! ciel ! Qui vous a dit... ?
— Toi-même, maladroit et indiscret dormeur : tu as rêvé haut.
— Les songes sont des illusions.
Source : Gallica

Anthelme Rollin Le Cardinal roi, par Anthelme Rollin… (1844)

Il répondit :
— Vous, éminence, intercéder pour vos ennemis!... me parler clémence!... Vous n'êtes donc plus l'implacable Richelieu?
— Si fait, sire; mais lorsqu'il s'agit d'attentats contre le royaume ou contre votre personne sacrée.
— Et moi, cardinal, je suis inflexible lorsqu'il s'agit d'attentats contre votre personne. Seulement, si vous acquiescez au rappel de ma mère et au pardon de Montmorency, moi j'acquiescerai au pardon de vos assassins.
. — Jamais, sire; ma conscience m'interdit une telle condescendance. Mais vous êtes le maître : le droit de grâce est une prérogative du trône.
Source : Gallica

Anthelme Rollin Le Cardinal roi, par Anthelme Rollin… (1844)

En es-tu un assassin? Tu n'en es pas un?
Et empoignant le bras de Joseph, il le considérait d'un oeil effaré.
— Éminence, éminence, quel coup! Cet outrage à moi, votre ami ! dit le capucin en serrant affectueusement le cardinal sur son coeur.
—Mon Dieu, malheur à moi ! l'infortune m'aigrit, s'écria le ministre comme se réveillant en sursaut d'un affreux cauchemar. Je t'insulte, toi Joseph, ma seule consolation,mon soutien! Ah, pardon! pardon! pardonne-moi!
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature