Arthur de la Borderie

Résumé

Arthur de la Borderie La Bataille des Trente

Chose étrange, Bembro insiste :
— Vous êtes fou, Beaumanoir. Vous voulez donc détruire d’un coup toute la fleur des barons du duché ! Quand ils seront morts, impossible de retrouver leurs pareils.
— Détrompez-vous, Bembro ; je n’ai point ici avec moi le baronage de Bretagne : ni Laval, ni Rochefort, ni Lohéac ni Rohan, ni Quintin, ni Léon, ni Tournemine, ni les autres grands barons. Mais j’ai avec moi de nobles chevaliers et la fleur des écuyers de Bretagne, qui ont tous juré de vous détruire ou de vous faire prisonniers, vous et les vôtres, avant l’heure de complies.
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Arthur de la Borderie La Bataille des Trente

Depuis dix ans, depuis six surtout, c’est-à-dire depuis la mort du comte de Montfort qui était le duc de Bretagne pour une partie des Bretons et pour les Anglais, — ces Anglais, sous prétexte de soutenir la cause de Montfort, pressuraient, torturaient la Bretagne par une exploitation sans cœur et sans entrailles. En 1351, dans une circonstance notable, un baron de Bretagne, des plus renommés pour sa vaillance et pour sa vertu, eut l’occasion de reprocher aux Anglais l’odieux de cette conduite, indigne d’hommes se disant chevaliers et chrétiens, et les somma d’y renoncer.
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Arthur de la Borderie La Bataille des Trente

Le jour du combat venu, Bembro part de grand matin avec son monde, et pendant toute la route il exalte ses hommes par ses vanteries :
— Compagnons, crie t-il, nous aurons aujourd’hui la victoire ; Beaumanoir tombera en notre puissance, tous les siens seront tués ou prisonniers, nous les enverrons à notre gentil roi Édouard. Les Bretons battus à plates coulures n’oseront plus tenir devant nous, la Bretagne et la France seront la proie des Anglais.
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