Résumé

B. Guérard Revue des Deux Mondes

D’après les codes de Théodose et de Justinien, le colon est l’homme qui, inséparablement attaché à la culture d’un fonds étranger, en fait les fruits siens, moyennant une redevance fixe qu’il paie au propriétaire. Vivre et mourir sur le sol où il est né, c’est là son destin, comme celui de la plante. Mais, esclave par rapport à la terre, il est libre à l’égard des personnes ; et, quoique placé ainsi dans une condition intermédiaire entre la liberté et la servitude, il est en définitive mis au rang des hommes libres par le droit romain.
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B. Guérard Revue des Deux Mondes

En s’écartant de la liberté pour se rapprocher de l’esclavage, il dégénéra de jour en jour ; la servitude, au contraire, tempérée par la charité chrétienne, tendit, en devenant de plus en plus douce, à se confondre avec lui. Ce qui distingue surtout le colonat romain du colonat du moyen-âge, c’est que, sous les empereurs, le colon n’était soumis qu’à des redevances envers le maître, tandis que sous les rois des Francs et des autres peuples germains, le colon, qui descendit au rang des non-libres, fut en outre assujetti à des services corporels connus plus tard sous le nom de corvées.
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B. Guérard Revue des Deux Mondes

Au nombre des droits dont jouissaient les hommes libres, je citerai, outre ceux de propriété et de juridiction ou d’immunité et de seigneurie, celui de port d’armes et de guerre privée, c’est-à-dire le droit qu’ils eurent pendant long-temps de poursuivre et de venger à main armée les injures et les torts reçus par eux ou par leur famille. Les compositions auxquelles ils avaient droit étaient en général d’un taux plus élevé que les compositions assignées aux personnes d’une condition inférieure.
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