“ Qui démêlera jamais l’écheveau des causes et des effets ? Qui peut se flatter de dire en accomplissant un acte quelconque : Je sais ce que je fais ? Mon cher ami, c’est tout ce que j’avais à vous conter. Le reste n’intéresse que les statistiques médicales et peut se dire en deux mots. Le Mansel, enfermé dans une maison de santé, resta quinze jours en proie à une folie furieuse. ”
Citations sur “manse”
“ Mon ami Le Mansel me dit que c’était son papa, mais qu’il fallait le laisser aller à la basse-cour, parce qu’il ne vivait que dans la compagnie de ses poules et qu’il avait perdu près d’elle l’habitude de causer avec les hommes. ”
La Sainte Bible selon la Vulgate… (1866)
“ Notre âme languit, nos yeux ne voient que de la manne. 7. Or la manne était comme la graine de la coriandre et de la couleur du bdellion. 8. Le peuple la recueillait autour du camp, et après l'avoir ramassée il la broyait sous la meule ou la pilait dans un mortier ; il la faisait cuire ensuite dans un vase de fer, et en faisait des gâteaux qui avaient le goût comme de pain pétri avec de l'huile. 9. Quand la rosée tombait sur le champ durant la nuit, la manne descendait en même temps. 10. Moïse entendit donc le peuple pleurer dans chaque famille à l'entrée des tentes. ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Monsieur... dit en hésitant le Griso. — Quoi ? n’ai-je pas parlé clair ? — Si vous pouviez y envoyer quelqu’un autre... — Comment ? — Illustrissime seigneur, je suis prêt à donner ma peau pour mon maître : c’est mon devoir ; mais je sais aussi que vous ne voulez pas trop hasarder la vie de ceux qui vous servent. — Eh bien ? — Votre illustrissime seigneurie n’ignore pas cette petite liste de sentences que j’ai sur le corps, et... ici je suis sous votre protection ; nous sommes une troupe ; monsieur le podestat est ami de la maison ; les sbires me portent respect, et de mon côté... ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Permettez, monsieur : comment peut-il être mon chaland, tandis que je le vois pour la première fois ? C’est le diable, sauf votre respect, qui l’a envoyé chez moi ; et, si je le connaissais, Votre Seigneurie voit bien que je n’aurais pas eu besoin de lui demander son nom. ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Ces paroles prononcées, elle baissa la tête et mit le chapelet autour de son cou, comme un signe de consécration et tout à la fois une sauvegarde, comme une armure de la nouvelle milice où elle venait de s’engager. S’étant ensuite assise de nouveau par terre, elle sentit pénétrer dans son âme une sorte de tranquillité, une confiance plus étendue. ”
Eugène Marsan,
Le nouvel amour
(1925)
“ Ce qui émeut en votre visage, avec le regard, c’est la lèvre pourpre et gonflée, le menton un peu gras, moins parfait, plus humain. Sentirez-vous combien me séduit ce corps glorieux, la belle hanche, cet arc de la taille ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Puis, regardant pièce par pièce son cadeau de linge, et comptant ses nouveaux écus, elle disait en elle-même : « Je suis retombée sur mes pieds ; grâces soient rendues à Dieu et à la sainte Vierge, comme aussi à ce bon seigneur ; je puis bien dire être retombée sur mes pieds. » ”
Francis Jammes,
De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir
“ Tu as, en posant le pied, tout ton corps qui chante et se lève, ton corps pur comme la source où la menthe brille, près des génisses gardées par le chien. Le monde ne veut pas tout ce que je voudrais. ”
Comtesse de Ségur,
La Bible d’une grand’mère
“ Qu’est-ce que c’était que cette manne ? quel goût avait-elle ? Grand’mère. C’était une espèce de pain, comme on n’en fait pas sur la terre ; il tombait du ciel. La manne avait la propriété de prendre le goût que désirait celui qui la mangeait. ”
“ Les têtes alignées, femmes du côté de l’évangile, hommes du côté de l’épître, formaient des espèces de sillons vivants, mottes humaines, de la même chair souffrante, fronts levés ou penchés, cheveux mal peignés, et là-dessous âmes de bonne volonté, qui attendaient la graine jetée à la volée, et qui se refermeraient sur elle, et qui l’attiédiraient. ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Les gens que l’on y rencontrait étaient des hommes grands et forts, au regard de travers, ayant un grand toupet renversé sur la tête et renfermé dans une résille ; des vieillards qui, après avoir perdu leurs dents, semblaient encore prêts, pour peu qu’on les agaçât, à grincer des gencives ”
Élisa Michaud, Canadiennes d’hier
“ Ce que vous avez pris pour une insistance indiscrète est une manie qui provient en partie de ce mouvement nerveux de la tête. Elle dit toujours trois fois les mots qu’elle veut accentuer, en tiquant du menton sans retenue. ”
Alfred Maury,
Croyances et légendes du Moyen-âge…
(1896)
“ Qui jette les hommes à la folie, à la manie que la pointe, l'agilité et la force propre de l'esprit? Les plus subtiles folies et excellentes manies viennent des plus rares et plus vives agitations de l'esprit ”
Patrice Buet, Le couteau jaune : roman (1950)
“ Il domine les gens, les bêtes, les choses par sa rude bonté, sa sévère justice, sa force souple. Son visage, emprisonné de barbe et de tignasse rousses, laisse luire, dans une chaude couleur de brique, des yeux bleus, clairs, vifs, d'un éclat transperçant. ”
Gabrielle Rosenthal, Carpaccio
“ Attitudes, expressions, tout nous révèle le caractère spécial d’un peuple. Les visages masculins à la peau sèche, au nez proéminent, s’encadrent de cheveux aux boucles crépues : les grandes barbes frisées tombent sur les poitrines. ”
Adolphe Philalèthe, Familia, ou Melle Françoise et Melle Germaine… (1868)
“ Ou bien s'il passait devant une porte ouverte, au moment du repas, et qu'on lui tendît, sans plus de façon, une bonne assiettée de soupe, sans jamais s'asseoir il avalait, avalait, avalait, l'homme au manteau gris. Mais, avant de le voir pénétrer au cœur de notre récit, vous êtes, je le devine à votre air préoccupé, désireux de savoir ce qu'est au juste l'homme au manteau gris. Votre curiosité part d'un bon naturel. ”
Maurice Griveau, Histoire esthétique de la nature… (1927-1930)
“ Nous venons de dire que la beauté du corps et du visage humains, grâce au manteau de chair qu'elle jette sur les viscères et tous les organes sous-jacents, refoule, au sens littéraire, la laideur au second plan et nous en épargne le pénible spectacle. ”
George Sand,
Lettres d’un voyageur
(1837)
“ En général la région où se rassemblent les rapports mutuels entre les sourcils, les yeux et le nez, est le siége de l’expression de l’âme dans notre visage, c’est-à-dire l’expression de la volonté et de la vie active. ”
André-Robert Andréa de Nerciat,
Les Aphrodites
(1793)
“ Grâce à la manie que j’ai de goûter beaucoup ce genre d’hommage, cela prend ; je fais même à mon homme le plus beau jeu du monde. Là, pour le coup, il est délicieux ! On n’encule pas avec plus de précaution, de ménagements et d’accessoires agréables. ”
“ Que la main qui les sait modeler a meurtries, Et celle de la perle et celle du velours. Ils ont connu la vie intime des fourrures, Toison chaude et superbe où l’on plonge les mains, Et l’odorant secret des belles chevelures Où la brise du soir effeuilla des jasmins. ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ C’est un jour, ajoutait-elle, où chacun s’industrie pour faire son petit régal, excepté ces pauvres malheureux qui ont peine à se procurer du pain de vesce et de la polenta de blé noir ; encore espèrent-ils tous avoir quelque chose d’un prélat si charitable. Pour nous, grâce à Dieu, nous ne sommes pas dans ce cas, avec le métier de mon mari et quelque bien que nous avons au soleil, nous nous tirons d’affaire. Ainsi donc mangez ceci sans regret en attendant ; tout à l’heure le chapon sera cuit à son point et vous pourrez vous restaurer un peu mieux. ”
Armand Du Mesnil, Propos interrompus (1882)
“ Il est grand, et il se tient droit ; son visage maigre, sans couleur définie, est noble, sans insignifiance ni dureté; il a le front haut, légèrement bombé, les tempes plates, le nez mince ; ses lèvres étroitement closes trouvent cependant un sourire pour vous accueillir, mais si rapide qu'il n'est déjà plus. ”
“ Ménagez-lui le vent et le soleil, et le jour, et le froid, et la foudre, et tout ce qui nous flétrit, nous renverse, nous dessèche et nous tue. Femme, aidez-le à marcher, couvrez-le d’un pan de votre manteau, soyez son guide sur le bord des écueils. ”
Alexandre Dumas,
Le Vicomte de Bragelonne
“ Un peu d’or sur les galons de ces manteaux, un peu de ventre dans les hauts-de-chausse, un peu de gris dans ces cheveux secs, et vous verrez les beaux ducs et pairs, les fiers maréchaux de France ! Mais pourquoi dire tout cela ? ”
Élémir Bourges,
Les oiseaux s'envolent et les fleurs tombent
(1893)
“ Et moi , moi comme les autres , je prenais peu de souci de ces maux , jusqu' au jour où tous les fléaux que nous avions vus séparés , Folie , Peste , Famine , Massacre , ont fondu ensemble , pour tenir leur cour , sur le radeau qui nous ballottait , et nous ont soudain accablés . – Il est vrai ! le monde entier souffre , dit Manès ; et pourtant il s' attache âprement à la vie . C' est quand les choses sont au pire qu' elles commencent à s' améliorer ... Reprenez courage , Monseigneur ! ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Disons de plus que ceux qui, circulant le matin hors de la vallée, avaient été les premiers instruits de la grande nouvelle, s’étaient ainsi trouvés à portée de voir et avaient ensuite raconté la joie, l’enthousiasme de la population, l’amour et la vénération qui, pour l’Innomé, venaient de succéder à la haine et à la terreur. ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Le jeune garçon rougit, pâlit, tremble, voudrait dire : laissez-moi aller ; mais la parole expire dans sa bouche ; il baisse les bras et cherche à les dégager au plus vite des courroies. « À bas cette hotte ! » lui crie-t-on. Plusieurs mains à la fois la saisissent ; elle est à terre ; on jette en l’air la grosse toile qui la couvre ; une bonne odeur, qu’une chaleur douce accompagne, se répand à l’entour : « Nous sommes chrétiens aussi, nous autres ; nous aussi, nous devons manger du pain, » dit le premier ”
Alessandro Manzoni,
Opere varie
(1874)
“ Oh! que de fois, à la chute silencieuse d'un jour inoccupé, attachant à la terre ses yeux foudroyants, les bras croisés sur sa poitrine, il se tint immobile, assailli par le souvenir des jours qui n'élaient plus. ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Il rencontrait, tantôt ici, tantôt là, des hommes attachés à l’établissement, aussi différents entre eux par l’air, les manières et le costume, que par le principe qui leur donnait à tous la force de vivre dans de semblables fonctions ; chez les uns l’extinction de tout sentiment de pitié, chez les autres une pitié, une charité surnaturelle. ”
Charles Marie-Lefebvre, Esquisses algériennes : prose et vers (1890)
“ Les gens assez nombreux — qui se laissent imposer, à propos de tout, l'opinion quelle qu'elle soit, du premier venu, ressemblent a ces patères que l'on trouve dans les vestibules — et auxquelles chaque personne qui entre accroche son manteau,—manteau de velours ou de serge, manteau glacé de poussière ou constellé de boue. ”
Ernest La Jeunesse,
La Revue blanche
“ Les yeux semblaient des ravines creusées d’un pleur pâle, la bouche à peine sanglante, épaisse comme un sanglot et un caillot mêlés, le menton douloureux se suivaient, s’assemblaient sous les cheveux désespérés, dans cette bouffissure de chairs qui accompagne les crises sans fin d’effroi et de navrement. ”
Alphonse Allais,
Amours, Délices et Orgues
“ Tu vas faire une manille avec nous ! — Une manille muette, alors ? — Zut ! une manille aux enchères, comme d’habitude. — Je veux bien, mais je vous préviens que je ne pousserai pas. Ce serait indécent — Tu feras comme tu voudras. ”
Katherine Mansfield,
Félicité
(1932)
“ C'est le résultat de ma mauvaise vie, ma vie submergée. Je suis comme la petite femme de café qui éprouve le besoin de se présenter par une poignée de photographies : « Me voilà dans ma chemise, sortant d'une coquille d'oeuf... Moi la tête en bas, dans la balançoire avec un tutu par derrière comme un chou-fleur... » Vous connaissez le genre ? ”
André Bellessort,
Revue des Deux Mondes
“ Le front bombé, les yeux brillans, le nez béant à toutes les senteurs, les lèvres charnues pour mieux plonger dans les fruits mûrs, elles se sentent fortes du regard des hommes et du scapulaire qui fait une tache noire sous la transparence de leur mantille. ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ Savez-vous qu’il sera beau de vous voir tout contrit et les yeux baissés ? Et quelle gloire pour ce père ! Comme il sera retourné fier à son couvent ! Pareils poissons ne se prennent pas tous les jours, ni avec toute sorte de filets. ”
Juliette Adam,
Le Mandarin
(1860)
“ Lorsqu’elle m’apparaît avec son interminable cortège de mannequins vêtus de jupons courts ou de robes à queues, de voiles et de draperies, de chapeaux et de bonnets, de cachemires et de manteaux, de vertugadins, de postiches, de termes et de crinolines, je comprends que la lutte est impossible, et je m’incline. ”
Herbert George Wells,
Pages choisies
(1931)
“ Chaque fois que je plonge une créature vivante dans ce bain de douleur cuisante, je me dis : cette fois, toute l'animalité en lui sera brûlée, cette fois je vais créer de mes mains une créature raisonnable. ”
Urbainie Faydit de Terssac, À travers l’Inde en automobile
“ La physionomie, le costume, les atours des femmes révèlent la caste. Il est du reste très poli de questionner un individu sur ses ascendants, son clan, ses occupations héréditaires. Pendant les moments interminables que nous passons à voir défiler les rives solitaires, dont les herbes grasses ondulent au vent, c’est ma distraction favorite. ”
Arthur de Boissieu,
Lettres d'un passant (2e édition…
(1868)
“ Tu les reconnais sans peine à leurs courtes pattes, à leurs ventres pendants, à leurs têtes courtes aux larges naseaux. Ces gens, pardon, ces animaux-là, poltrons et hargneux, envieux et sots, jalousent perpétuellement la force, l'intelligence et le courage des autres. ”
Alessandro Manzoni,
Les Fiancés
“ À entendre les paroles d’un si haut personnage, paroles si énergiques, si précises, et accompagnées de tels ordres, on serait grandement porté à supposer qu’il a suffi de leur seul retentissement pour que tous les bravi aient disparu à jamais. ”
Louis-Sébastien Mercier,
Le nouveau Paris
(1798)
“ Ce monstre à figure humaine avait la tête ronde, les cheveux noirs et unis, le front étroit et blême, les yeux chatoyants, ronds et petits, le visage plein et grêlé, le regard tantôt fixe, tantôt oblique, la taille moyenne, la jambe assez forte. ”
Antony Landes, Contes et légendes annamites
“ Un menteur disait : j’ai vu un homme dont les pieds touchaient la terre et la tête le ciel. « Tu trouves cela grand, dit l’autre. Moi j’ai vu un homme dont, lorsqu’il baillait, la mâchoire inférieure touchait la terre et la mâchoire supérieure le ciel. » ”
Jean Moréas,
Premières Poésies : 1883-1886
“ Les bras qui se nouent en caresses pâmées, Le cordial bu du baiser animal, Les cheveux qu’on tord, les haleines humées, Des nerfs énervés apaisent-ils le mal ? O nos visions les toujours affamées ! ”
Auguste Laveille, Jean-Marie de La Mennais (1780-1860… (1903)
“ Le visage ovale et maigre, les pommettes saillantes, les yeux gris, les lèvres minces, le corps grêle, d'une taille au-dessous de l'ordinaire, le futur écrivain était doué d'une vivacité singulière et comme fébrile, résultat d'un tempérament nerveux et impressionnable à l'excès. ”
Paul Adam,
Lettres de Malaisie
“ Nos savants estiment qu’il en est de même l’égard de ces sauvages. Leurs fluides volontaires jaillissent des pointes de leurs corps, mains, jambes, bouches, pour tenter de se joindre et de se confondre. ”
Gustave Coquiot, Le Vrai Rodin,... (1913)
“ L'homme, il est là devant vous, les vêtements tachés de plâtre, (qu'il me soit permis de souligner encore certaines phrases !) les mains poissées de terre glaise. Il est petit, trapu et tranquille. Tous les traits du visage apparaissent à la fois, car tous ils sont caractéristiques. ”
Édouard Mennechet, Études sur la lecture à haute voix (1855)
“ Quand vous prenez le bras pour tâter le pouls, mettez à ce mouvement de la grâce, et si c'est un bras de femme, ne craignez point de le regarder, comme si vous en admiriez la blancheur. Tournez ensuite les yeux vers le ciel, en ayant l'air de réfléchir profondément. ”
Georges Eekhoud,
La nouvelle Carthage
“ Mâtinés, échappés de toutes les races, leurs disparates s’harmonisent, s’amalgament de manière à composer une physionomie autochtone, très arrêtée, à les marquer d’une estampille sans analogue, d’un indélébile et vigoureux cachet de terroir. ”
Auguste Gilbert de Voisins,
Les jardins, le faune et le poète
“ Laissant ses cheveux d'herbe ondoyer sur les eaux,Elle chante, appuyant à sa hanche écailléeSes coudes de branchage et ses mains de feuillée.La nature est belle ainsi, mais combien est-il difficile de la bien concevoir! On ne moralise plus... ”
