Charles Marie-Lefebvre

Résumé

Charles Marie-Lefebvre Esquisses algériennes : prose et vers (1890)

Le soleil descendait rapidement a l'horizon.
— Vous souvenez-vous, Hélène? demanda le vieillard à sa femme avec un gracieux sourire.
— Si je m'en souviens ! répondit celle-ci : voilà encore l'arbre du premier baiser.
— Hélas, répondit Frantz avec un sourire triste, il y a cinquante ans de cela ! Nous étions jeunes alors, et nous nous en allons maintenant... C'est comme ce beau soleil, qui se levait ce jour-là... Et qui se couche aujourd'hui.
— Et c'est dommage, n'est-ce pas? ajouta la vicomtesse. Quand la journée a été si belle, elle ne devrait jamais finir.
Source : Gallica

Charles Marie-Lefebvre Esquisses algériennes : prose et vers (1890)

Dans les pays du Nord, où les âmes sont tristes et pesantes comme le ciel, mais en revanche froides et fermées comme lui, nous comprenons qu'on se plaise a donner aux cimetières une mise en scène lugubre qui stimule l'imagination quand le cœur se récuse, et qui pousse aux larmes pour ainsi dire. C'est une invention des gens qui n'ont jamais ressenti de douleurs vraies et qui ont besoin de tout ce sombre appareil pour se créer du moins cette mélancolie factice et malsaine que le vulgaire prend pour le chagrin réel.
Source : Gallica

Charles Marie-Lefebvre Esquisses algériennes : prose et vers (1890)

Il s'en donnera, du braire et des chardons, a cœur-joie, et il saura porter sa tête !
Il aura, de plus, de la désinvolture, une allure dégagée, une pose irréprochable ; en un mot, l'air d'un âne qui se respecte, d'un âne comme il faut et comme qui dirait d'un âne bachelier.
Tout bourricot qu'il sera, il n'ignorera plus que M. de Buffon l'a proclamé le plus laborieux, le plus patient, le plus méritant des animaux ; il aura la conscience de sa valeur intrinsèque, et rien qu'à le voir, on comprendra que désormais il a conquis sa place au grand soleil... A lui aussi son heure sera venue !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature