“ Yi-tchouan qui avait écouté depuis le commencement, et qui n’avait pas perdu un seul mot, fondit en larmes, et s’écria : « Cœur froid, homme insensible que vous êtes ! J’ai porté le deuil depuis trois ans ; j’ai souffert mille peines et mille tourmens à cause de vous, et dans cet instant même, vous ne vous expliquez pas encore...... Qui êtes-vous ? Qu’attendez-vous ? » Soung-kin, les yeux baignés de larmes, l’appela : « Venez, ma chère femme, venez, que je vous voie, » Le mari et la femme se jetèrent dans les bras l’un de l’autre en pleurant. ”
Collectif
Résumé
Contes chinois, recueil collectif de récits anciens, explore les enjeux moraux et sociaux à travers des histoires où les rapports familiaux, les conflits de pouvoir et les dilemmes éthiques prennent forme. Les personnages, comme Souï-houng ou Wang, incarnent des tensions entre devoirs conjugaux, honneur et représailles, souvent sous le regard des autorités (mandarins) ou des forces du destin.
Les thèmes de la mort, du deuil et des relations domestiques se tissent dans des scènes dramatiques, révélant une réflexion sur la condition humaine. Ce recueil, structuré en fables et récits, offre un aperçu des valeurs et des paradoxes de la société chinoise ancienne.
Citations de Contes chinois (Collectif)
“ « Le crime est avéré, » dit-il. Wang allait être appliqué à la question, lorsqu’il supplia qu’on voulût bien l’écouter un moment. « Ce squelette, dit-il, dont les chairs sont desséchées et pourries, fait assez voir que ce n’est pas un homme tué tout récemment. Si donc j’ai été coupable de ce meurtre, pourquoi mon accusateur a-t-il attendu jusqu’à ce jour à me déférer ? N’est-il pas plus naturel de penser que Hou est allé chercher, je ne sais où, ce squelette pour hasarder cette calomnie, et m’écraser, s’il pouvait, comme d’un coup de foudre ? « La réponse est assez bonne, » dit le mandarin. ”
“ Pour ce qui est de nous autres femmes mariées à des philosophes, qui faisons profession, comme d’une vertu austère, il nous est bien moins permis de nous remarier : si nous le faisions, nous deviendrions un objet de risée. Mais vous vous portez bien ; à quoi bon ce langage, et quel plaisir prenez-vous à me chagriner ? » Alors, sans rien dire davantage, elle se jette sur l’éventail que son mari tenait à la main : elle le lui arrache, et de dépit elle le met en pièces. « Calmez vous, dit Tchouang-tseu, votre vivacité me fait plaisir, et je suis ravi que vous preniez feu sur un pareil sujet. » ”
