“ Wang, sa femme, et le vieux Liu, après avoir remercié humblement mandarin, se retirèrent dans leur maison, où ils firent à ce bon vieillard, qui s’était si fort employé à détruire la calomnie, toutes les caresses et toutes les amitiés qu’on peut attendre de la plus sincère reconnaissance. Depuis ce temps-là, Wang apprit à modérer sa vivacité naturelle, et à dompter son humeur impétueuse. S’il rencontrait un pauvre qui lui demandât quelque secours ou quelque service, il le recevait avec un air affable, et il tâchait de le soulager. ”
Wang
Définition et enjeux
Citations sur “Wang”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Heureusement, le philosophe n'avait pas riposté par celui de son élève, car toute la ville se fût lancée sur les pas d'un homme si célèbre. Mais le nom de Wang, subitement révélé, avait suffi. Wang! c'était cet énigmatique personnage, dont la découverte valait une énorme récompense! On le savait. De telle sorte que, si Kin-Fo courait après les huit cent mille dollars de sa fortune, Craig-Fry, après les deux cent mille de l'assurance, les autres couraient après les deux mille de la prime promise, et, l'on en conviendra, c'était là de quoi donner des jambes à tout ce monde. ”
“ Enfin ses parens et ses amis l’invitèrent de tous côtés à venir les voir, et peu à peu ils essuyèrent ses larmes et dissipèrent sa tristesse. Quelques jours après qu’il fut retourné chez lui, comme il se promenait dans la galerie de la salle, il voit entrer une troupe d’archers qui viennent droit à lui, et lui jettent une corde au cou : « Hé ! quoi, s’écria Wang tout consterné, ne savez-vous pas que je suis lettré, et de famille lettrée ? Traite-t-on de cette manière indigne un homme de mon rang ? Et pour quel sujet encore ? » ”
“ « Cette vue est assez bonne, reprit le batelier ; mais comment reconnaîtrez-vous ce service ? » Alors Wang tire le paquet d’argent, et le lui donne. Celui ci, sentant au poids que la somme était peu considérable : « Quoi, dit-il d’un air dédaigneux, il s’agit d’un homme tué, et vous prétendez en être quitte avec une somme si modique ? C’est ma bonne fortune qui a conduit cet homme sur ma barque. Le Ciel a voulu me fournir une occasion de changer ma condition dans une meilleure ; et vous me donnez si peu ? Cette affaire me doit au moins valoir cent taëls. » ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Du reste, toute facilité était donnée à Wang pour accomplir son œuvre. La porte de la chambre à coucher de Kin-Fo demeurait toujours ouverte. Le philosophe pouvait y entrer jour et nuit, le frapper dormant ou éveillé. ”
“ Wenn wang est le seul homme qui fut constamment heureux. Il eut pour père Wang ki et pour fils Ou wang. Il continua ce que son père avait commencé. Ou wang succéda à T’ai wang, à Wang ki et à Wenn wang. Il prit les armes une seule fois, (chassa le tyran Tcheou sin) , et l’empire fut à lui. L’éclat de sa vertu brilla dans tout l’univers et ne s’obscurcit jamais. Il obtint la dignité impériale, posséda toutes les richesses comprises entre les quatre mers. Ses ancêtres agréèrent ses offrandes, et ses descendants perpétuèrent sa race. ”
Société asiatique, Journal asiatique
“ Qu’il commence par se battre avec moi, je le saluerai ensuite comme mon maître. — « Me battre avec vous ! répliqua Wang-tsin, en souriant, fi donc ! et que dirait votre père de vos procédés et de mon ingratitude ? mais, jouer du bâton, par manière d’amusement, sans chercher à vous faire du mal. » A ces mots, le jeune homme, enflammé de colère, saisit un bâton à escrime qu’il fit mouvoir aussi vite que le vent fait tourner une meule de moulin ; puis, regardant Wang-tsin : « Approchez, lui dit-il d’un ton courroucé, ou vous n’êtes pas un vrai Chinois ? » ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Pauvre, je le veux encore moins!— Et la jeune veuve de Péking? dit Wang. Oublies-tu le proverbe: la fleur avec la fleur, le saule avec le saule! L'entente de deux coeurs fait cent années de printemps!...— Contre trois cents années d'automne, d'été et d'hiver! répondit Kin-Fo, en haussant les épaules. Non! Lé-ou, pauvre, serait misérable avec moi! Au contraire, ma mort lui assure une fortune.— Tu as fait cela?— Oui, et toi-même, Wang, tu as cinquante mille dollars placés sur ma tête.— Ah! fit simplement le philosophe, tu as réponse à tout. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Mon pauvre Wang, disait Kin-Fo, très ému, si encore j’avais couru tout seul ! Mais quel mal je t’ai donné ! Combien il t’a fallu courir toi-même, et quel bain je t’ai forcé de prendre au pont de Palikao ! — Ah ! celui-là, par exemple, répondit Wang en riant, il m’a fait bien peur pour mes cinquante-cinq ans et pour ma philosophie ! J’avais très chaud et l’eau était très froide ! Mais bah ! je m’en suis tiré ! On ne court et on ne nage jamais si bien que pour les autres ! — Pour les autres ! dit Kin-Fo d’un air grave. Oui ! c’est pour les autres qu’il faut savoir tout faire ! ”
“ Il prend vite la lampe, et va voir de quoi il s’agit. Il trouve un nommé Tcheou-se, qui était le chef de la barque sur laquelle on passe la rivière, et qui tenait à la main la pièce de taffetas et le panier du marchand. Aussitôt qu’il aperçut Wang, il lui dit d’un air effaré : « Quelle terrible affaire vous êtes-vous attirée ! Vous êtes un homme perdu. Quoi ! un lettré comme vous, tuer un pauvre marchand ! » Ce fut un coup de foudre pour le malheureux Wang. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
(1910)
“ Ainsi donc, Wang, malgré la parole donnée, avait senti sa volonté se paralyser, lorsqu'il s'était agi de frapper son ancien élève ! Ainsi Wang ne savait rien du changement survenu dans la fortune de Kin-Fo, puisque sa lettre ne le disait pas ! Ainsi Wang avait chargé un autre de tenir sa promesse, et quel autre ! un Taï-ping redoutable entre tous, qui, lui, n'éprouverait aucun scrupule à accomplir un simple meurtre, dont on ne pourrait même le rendre responsable! La lettre de Kin-Fo ne lui assurait-elle pas l'impunité, et, la délégation de Wang, un capital de cinquante mille dollars ! ”
Luo Guanzhong, Histoire des Trois Royaumes
“ Voilà, seigneur, la cause de mes larmes. Je ne pensais pas que Votre Excellence viendrait épier ma douleur et m’arracher mon secret. Si votre servante peut vous être utile à quelque chose, dussé-je souffrir dix mille morts, je suis prête à vous obéir. » Wang-Yun, frappant la terre avec son bâton, s’écria : « Qui aurait pensé que le salut de l’Empire fût entre vos mains ? Suivez-moi dans la salle peinte. » Et elle suivit Wang-Yun, qui fit retirer toutes ses concubines. ”
Charles De Harlez,
Les religions de la Chine : aperçu historique et critique
(1891)
“ Wang est la cérémonie par laquelle le souverain va saluer les grands corps et les phénomènes célestes, pour exprimer la reconnaissance des hommes et demander la continuité de leur cours régulier et bienfaisant, quel qu'en soit d'ailleurs l'auteur et la cause. C'est toujours le fruit de la croyance à l'influence de la prière sur l'action des éléments. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Or, qu’était ce Wang ? Depuis dix-sept ans, il vivait dans le yamen de Shang-Haï. Il avait été le commensal du père avant d’être celui du fils. Mais d’où venait-il ? À quel passé pouvait-on le rattacher ? Autant de questions assez obscures, auxquelles Tchoung-Héou et Kin-Fo auraient seuls pu répondre. Et s’ils avaient jugé convenable de le faire, — ce qui n’était pas probable, — voici de ce que l’on eût appris : Personne n’ignore que la Chine est, par excellence, le royaume où les insurrections peuvent durer pendant bien des années, et soulever des centaines de mille hommes. ”
Luo Guanzhong, Histoire des Trois Royaumes
“ Dès que Wang a vu le jeune guerrier qui sort impétueusement des lignes, monté sur un cheval rapide, il s’élance à sa rencontre, plein de mépris pour un si jeune adversaire ; il tient sa lance en travers sur la selle et l’aborde. ”
“ « Prince, répondit Meng tzeu, évitez de vouloir déployer une bravoure sans grandeur. Porter la main à l’épée, lancer un regard plein de colère, et dire : « Celui-là osera t il donc me résister ? » c’est la bravoure d’un homme vulgaire qui s’attaque à un particulier. Prince, que votre courage soit vraiment grand. On lit dans le Cheu King : « Le roi (Wenn wang) enflammé de colère, dispose ses cohortes ; pour arrêter la marche des soldats de Kin, affermir la puissance des Tcheou, et répondre aux désirs de tout l’empire. » Telle a été la bravoure de Wenn wang. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Nous allons donc enfin gagner notre riz de chaque jour. Le Nun-Schum nous l’apprend : « Dans la vie, il y a des hauts et des bas ! La roue de la Fortune tourne sans cesse, et le vent du printemps est variable ! Riche ou pauvre, sache accomplir ton devoir ! Partons-nous ? » Et véritablement, Wang, en philosophe pratique, était prêt à quitter la somptueuse habitation. ”
“ La « troisième madame Wang » s’avance sur ses hautes semelles blanches, épaisses de trois pouces, et balance un corps fluet et long surmonté d’un visage que j’ai bien vu du premier coup, et que je mets en vedette dans mon portrait : c’est une lune ovalaire, fardée de blanc, découpée de longs yeux bridés comme il s’impose, tamponnée aux deux pommettes d’admirables disques d’un rouge carminé du dernier fatal. Les cheveux, lissés et collés, ont le noir bien connu de l’aile de corbeau, — qui est bleu ; ils se relèvent en arrière, se plaquent sur la large broche d’argent. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ «KIN-FO.» Et il remit le papier à Wang.Le philosophe le lut d'abord tout bas; puis, il le relut à voix haute. Cela fait, il le plia soigneusement et le plaça dans un carnet de notes qu'il portait toujours sur lui. ”
Société asiatique, Journal asiatique
“ « Puisqu’il le veut, dit le père, battez-vous, battez-vous ; si vous lui cassez un bras ou une jambe, il ne pourra s’en prendre qu’à lui seul. » Alors Wang-tsin tira du fourreau un bâton à escrime qu’il se mit à brandir, comme pour donner à son adversaire le signal du combat. La lutte s’engagea. Wang-tsin, parant toujours et ne frappant jamais, s’amusa beaucoup de ce jeune homme, qui ne connaissait pas les vrais principes. A la fin, Sse-tsin tomba aux pieds du commissaire et s’avoua vaincu. ”
Robert Fortune, Aventures de Robert Fortune dans ses voyages en Chine… (1854)
“ Nous tombâmes d'accord, et M. Wang parut être très-satisfait de l'arrangement; on croira sans peine que sa satisfaction était réelle, lorsqu'on saura qu'ayant emporté le chop à Ning-Po et l'y ayant fait traduire, j'appris que c'étaient cinq dollars au lieu. de vingt-quatre qui étaient convenus, de sorte qu'en définitive les Wang avaient gagné dix dollars dans l'affaire. Tel est le caractère des Chinois. Ils ne songent jamais à dire la vérité, à moins qu'il n'y aille de leur intérêt, et, plaisanterie à part, je crois qu'ils aiment toujours mieux mentir lorsqu'ils n'ont rien à y perdre. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Wang n'avait point entendu entrer son élève, et, saisissant le poignard, il le brandit à plusieurs reprises, comme pour s'assurer qu'il l'avait bien en main. En vérité, sa physionomie n'était pas rassurante. Il semblait, à ce moment, que le sang lui eût monté aux yeux.«Ce sera pour aujourd'hui», se dit Kin-Fo.Et il se retira discrètement, sans avoir été ni vu ni entendu.Kin-Fo ne quitta pas sa chambre de toute la journée... Le philosophe ne parut pas.Kin-Fo se coucha; mais, le lendemain, il dut se relever aussi vivant qu'un homme bien constitué peut l'être. ”
“ Wang était un homme d’un esprit irrésolu, et dont les vues étaient bornées. Il rentre dans sa maison tout hors de lui-même, racontant à sa femme ce qu’il venait d’apprendre : « C’en est fait de moi, s’écria-t-il ; je suis un homme perdu ; l’orage est prêt à crever sur ma tête ; je ne vois qu’un remède à mon malheur : c’est de gagner ce batelier, afin qu’à la faveur des ténèbres il jette quelque part ce cadavre. Il n’y a que ce moyen de me tirer d’intrigue. » ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ C’est moi, répondit Wang, moi qui ne m’étais chargé de la mission de t’arracher la vie que pour qu’un autre ne s’en chargeât pas ! Moi, qui ai su, avant toi, que tu n’étais pas ruiné, et qu’un moment viendrait où tu ne voudrais plus mourir ! Mon ancien compagnon, Lao-Shen, qui vient de faire sa soumission et sera désormais le plus ferme soutien de l’Empire, a bien voulu m’aider à te faire comprendre, en te mettant en présence de la mort, quel est le prix de la vie ! ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ Aussi, jamais une once de cette substance n’était-elle entrée dans la riche habitation, où les deux amis arrivaient, une heure après avoir débarqué sur le quai de Shang-Haï. Wang, — ce qui aurait encore surpris de la part d’un ex-Taï-ping, — n’avait pas manqué de dire : « Peut-être y aurait-il mieux à faire que d’importer l’abrutissement à tout un peuple ! Le commerce, c’est bien ; mais la philosophie, c’est mieux ! Soyons philosophes, avant tout, soyons philosophes ! » ”
“ « Wenn wang fut un modèle pour son épouse ; il forma ses frères à son exemple ; enfin il régla toutes les familles et le royaume. » Ces paroles signifient que Wenn wang montra sa bienfaisance, qu’il l’exerça envers sa femme, ses frères et tout le peuple, et ne fit rien de plus. ”
“ Vous êtes accusé, lui dit-il, d’avoir tué un marchand de la ville de Hou-tcheou : que répondez-vous à cette accusation ? Ah ! seigneur, répondit Wang, vous qui tenez ici bas à notre égard la place du juste ciel, n’écoutez pas les calomnies de ce misérable. Faites réflexion qu’un lettré de profession, faible et timide comme je suis, ne peut pas être soupçonné de s’être battu, et d’avoir tué personne. Mon accusateur est un de mes esclaves, que j’ai surpris en faute et que j’ai fait châtier assez rudement, selon le droit que j’ai comme son maître. Ce malheureux a formé le dessein de me perdre. ”
Blanche et Bleue ou les deux couleuvres-fées…
“ M. Wang retourna dans sa pharmacie pour préparer comme à l'ordinaire des médicaments. Ensuite il appela un de ses domestiques nommé Wang-touan, et le chargea d'aller acheter des monnaies de papier doré et des offrandes funèbres, et de les porter, le lendemain matin, près des tombes que devait visiter Hân-wen.Beaucoup d'événements dignes d'être racontés se passèrent depuis le départ de Hân-wen. Mais hélas! lorsque vous admirez le calme qui règne dans la nature, tout à coup le ciel gronde, et une violente tempête bouleverse la terre et les mers. ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
(1879)
“ D' ailleurs , depuis l' échange de paroles qui s' était fait entre eux , Wang et lui se voyaient peu . Ou bien le philosophe quittait la maison plus fréquemment qu' autrefois , ou il restait enfermé dans sa chambre . Kin-Fo n' allait point l' y trouver , – ce n' était pas son rôle , – et il ignorait même à quoi Wang passait son temps . Peut-être à préparer quelque embûche ! Un ancien Taï-ping devait avoir dans son sac bien des manières d' expédier un homme . ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
“ En dehors de ce yamen et d’un millier de dollars, qui peuvent me faire vivre un ou deux mois encore, il ne me reste plus rien. — Ainsi, demanda Wang, après avoir bien regardé son élève, ce n’est plus le riche Kin-Fo qui me parle ? — C’est le pauvre Kin-Fo, que la pauvreté n’effraie aucunement d’ailleurs. — Bien répondu, mon fils, dit le philosophe en se levant. Je n’aurai donc pas perdu mon temps et mes peines à t’enseigner la sagesse ! jusqu’ici, tu n’avais que végété sans goût, sans passions, sans luttes ! Tu vas vivre maintenant ! L’avenir est changé ! Qu’importe ! ”
Jules Verne,
Les Tribulations d’un Chinois en Chine
(1879)
“ Ils causaient de choses et d' autres , – peu d' ailleurs . Wang , plus sérieux que d' habitude , détournant ses yeux , que cachait imparfaitement la lentille de ses lunettes , ne parvenait guère à dissimuler une constante préoccupation . Lui , de si bonne humeur , était devenu triste et taciturne , de communicatif qu' il était . Grand mangeur autrefois , comme tout philosophe doué d' un bon estomac , les mets délicats ne le tentaient plus , et le vin de Chao-Chigne le laissait rêveur . En tout cas , Kin-Fo le mettait bien à son aise . ”
