Résumé

E. Grimard La Sensibilité des Végétaux

Quoi qu’il en soit, la plante souffre ; elle souffre comme elle vit, comme elle se meut, comme elle respire, comme elle se nourrit, c’est-à-dire dans la mesure de son organisation et suivant le rang hiérarchique qu’elle occupe. La vie ou le mouvement, puisque c’est tout un, n’a qu’un mode de développement, l’évolution ; or l’évolution suppose le progrès, c’est-à-dire une marche graduelle, et la gradation, mot qui résume toutes les formes de la vie, en explique justement les contrastes par la raison qu’elle en rapproche méthodiquement toutes les nuances.
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E. Grimard La Sensibilité des Végétaux

C’est le cœur qu’elle anime le premier, le cœur qu’en dernier lieu elle abandonne. Du cœur et de la tête, appelés organes centraux, part une double ramification d’artères et de nerfs qui établissent entre toutes les parties du corps la solidarité la plus complète.
Certes la gradation est rapide, et c’est en décrivant deux courbes immenses que la vie monte du premier des règnes au troisième ; mais cependant combien la distance qui sépare le minéral de la plante paraît plus grande que celle qui s’étend de la plante à l’animal !
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E. Grimard La Sensibilité des Végétaux

Les feuilles de la plante, véritable appareil respiratoire, renouvellent sans cesse sous les rayons du soleil les manipulations secrètes qui, dans les poumons de l’animal, s’opèrent au contact de l’atmosphère. Sève ascendante, puis sève élaborée, sang veineux, puis sang artériel, autant de termes corrélatifs deux à deux, double phénomène aussi merveilleux dans le tronc et les branches de l’arbre que dans la poitrine de l’animal, où l’oxygène de l’air, mis en présence du carbone du sang, alimente incessamment le foyer vital.
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