Résumé

Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 mars 1868

Est-il rien qui fasse mieux voir comme tout change et se transforme rapidement ? La Hongrie réconciliée par la liberté, l’Autriche elle-même en pleine vie parlementaire et constitutionnelle, la politique de Joseph II se relevant après une longue défaite, Vienne illuminant pour la mort du concordat de 1855, et un archiduc donnant sa démission de Habsbourg pour se marier selon son cœur, que faut-il de plus pour montrer que décidément le passé n’est plus que le passé ? Le malheur sert à quelque chose ; il a une brutale puissance faite pour dompter ou pour éclairer les gouvernemens et les peuples.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 mars 1868

Il y aura toujours en ce monde des riches et des pauvres, la liberté crée naturellement l’inégalité ; mais tout ce qui sépare systématiquement ou par calcul d’habileté politique les riches des pauvres ne fait qu’augmenter le mal au lieu de le diminuer. La sociabilité humaine, la charité chrétienne, qui est la forme la plus pure et la meilleure de sociabilité, les liens du voisinage, tout ce qui rapproche les conditions, tout ce qui fait connaître de plus près l’homme à l’homme dans les divers degrés de la société, tout cela est un lien ou un adoucissement aux souffrances sociales.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 mars 1868

De là cette passion avec laquelle le concordat de 1855 a été choisi comme champ de bataille entre les partis. Pour les uns, c’est le palladium de la politique conservatrice ; c’est de plus une convention internationale à laquelle on ne peut toucher que d’accord avec le saint-siège ; pour les autres, c’est une œuvre d’absolutisme, paralysant tout effort libéral, confisquant les droits de la société civile.
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