Résumé

Maurice Sabatier Eloge de Rossi : discours prononcé à l'ouverture de la conférence des avocats le 7 décembre 1867 (1867)

Quand la jeunesse s'abandonne, toutes voiles déployées, à l'espérance, il est dur de rencontrer tout à coup le vent de l'exil. Il y a pourtant dans l'exil une douleur plus vive que l'exil lui-même, c'est le découragement. Rossi fut atteint de ce mal. Frappé dans la fleur de l'âge, ayant tout perdu dans la défaite, proscrit au moment où il avait entrevu la gloire, et, qui plus est, proscrit raillé pour ses illusions et n'excitant pas même la pitié dans l'Italie indifférente, il sentit un instant défaillir autour de lui tout ce qui jusqu'alors avait porté sa vie.
Source : Gallica

Maurice Sabatier Eloge de Rossi : discours prononcé à l'ouverture de la conférence des avocats le 7 décembre 1867 (1867)

La révolution de 1848 fut injuste à l'égard de Rossi.
Elle ne lui enleva pas seulement son ambassade à Rome, mais encore son titre de professeur à l'École de droit. Elle voulait frapper en lui l'ami des hommes tombés: elle frappait du même coup la France en la privant d'un de ses enfants adoptifs les plus illustres. Rossi supporta ce coup avec fermeté, mais non sans amertume. Ce n'est pas à soixante ans, comme il avait alors, qu'on peut reprendre sans trouble le chemin de l'exil. Retiré à Frascati, il y assista en spectateur ému aux événements dont l'Europe était le théâtre
Source : Gallica

Maurice Sabatier Eloge de Rossi : discours prononcé à l'ouverture de la conférence des avocats le 7 décembre 1867 (1867)

On sait tout ce qui a suivi : la garde civique demeurant témoin impassible du meurtre; le Parlement romain continuant à écouter la lecture du procès-verbal : le soir, la joie éclatant dans Rome ; la foule répandue dans les rues avec des flambeaux, chantant des hymnes en l'honneur du nouveau Brutus, les chantant même sous les fenêtres du palais de Rossi, comme une insulte à la douleur; le meurtrier promené en triomphe; le gouvernement anéanti; ces manifestations de joie féroce s'étendant en dehors de Rome ; l'Italie célébrant comme un bienfait le meurtre de l'homme qui pouvait la sauver
Source : Gallica

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