Francis Vielé-Griffin,
L’Amour sacré
“ Et, quand tu es passée, Le jour est encore là, fleuri d’amour : La vie n’est pas lassée. Tu aimes sans raison que ton amour, O fille folle ! Avec tes baisers à donner la mort, Avec ton désir sans regret, Ton oubli sans remords ; Et, si tu n’aimes pas, qu’importe ? Qu’importe l’amant gisant à ta porte ? L’aube se lève, et toi ! Et tout est calme et recommence : tu aimes un autre ! — Ta vie est folle et forte — Tu hais un autre... Ce peu de vie que bat mon cœur d’une heure, Je l’ai mêlé, pensif, à ta rumeur, Toule inlassée comme le flot des heures, Et de la mer ”
