George Bousquet

Résumé

George Bousquet Le Japon contemporain

Quant à la dernière classe, celle des heimin, qui comprend la nation tout entière, sauf quelques milliers d’hommes, elle est réduite à une extrême pauvreté, vouée exclusivement au travail, privée, d’épargne, insouciante de la forme du gouvernement et résignée, tant qu’on ne lui arrache pas le pain quotidien, à une obéissance passive. L’homme du peuple se sent pour ainsi dire étranger au pays, dont d’autres sont les maîtres, au sol qu’il ne possède qu’à titre précaire ; il n’a pas d’aspirations vers un état meilleur, point d’esprit de sacrifice à la chose commune.
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George Bousquet Le Japon contemporain

Le progrès véritable n’est pas l’œuvre d’un jour, ni d’un décret ; il faut du temps, beaucoup de temps, à une nation pour se donner une éducation toute nouvelle, et si l’effort et l’activité peuvent aider l’action des années, elles ne suffisent pas pour la remplacer. La civilisation se compose avant tout de matériaux intellectuels, qui ne se forment pas du jour au lendemain dans une nation, mais s’y déposent lentement et comme par alluvion.
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George Bousquet Le Japon contemporain

Las de gouverner dans le vide, et incapable de résister longtemps à ses rivaux avec le seul secours qu’il emprunte au prestige impérial, le parti au pouvoir a voulu se donner un point d’appui, s’entourer d’une représentation plus ou moins sincère, créer autour de lui des organes constitutionnels. Mais c’est le malheur des vieux despotismes de ne plus retrouver au moment du péril l’énergie populaire qu’ils ont savamment éteinte. La nation qui n’a appris qu’à obéir n’est plus capable d’autre chose ; il faut refaire son éducation libérale, comme on a fait son éducation servile.
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