“ Partout où la nature a jeté une colline verdoyante, placé un panorama grandiose ou une échappée gracieuse, quelque large aspect de l’horizon de la mer, la vue tranquille d’un lac ou d’une rivière aux bords touffus, s’élèvent les constructions qui doivent abriter la famille dans ses modestes joies des jours de fêtes. Comme capitale, comme grand centre industriel, Yeddo s’efface ; rien ne ressort, c’est une agglomération d’hommes sur une immense étendue de terrain, une place de commerce et de consommation, un point très intéressant pour qui veut étudier la vie sociale de l’indigène. ”
J. Layrle
Résumé
Le Japon en 1867, de J. Layrle, est un essai qui explore la société japonaise à l’aube du XIXe siècle, en mettant en lumière les tensions entre traditions féodales et influences occidentales. À travers des descriptions détaillées de villes comme Yeddo ou Yokohama, l’auteur analyse les structures sociales, les usages populaires et les enjeux politiques, soulignant la résistance du peuple face à l’égalité moderne.
L’ouvrage, riche en observations sur la vie quotidienne et les paradoxes du Japon, offre un regard nuancé sur une période de transformation radicale, où les idées européennes entrent en collision avec un ancien ordre social.
Citations de Le Japon en 1867 (J. Layrle)
“ Il est difficile de surmonter, en dépit de la circonstance, un certain sentiment de gaîté. Rien dans le spectacle qui vous entoure ne sent la tristesse ; on se croirait à une fête plutôt qu’à un désastre. Les officiers de la police, les chefs de quartiers, les gouverneurs de la ville sont accourus, qui à pied, qui à cheval, seuls ou avec des suites nombreuses ; on reconnaît au milieu de leurs hommes d’armes les nobles à leurs casques en métal blanc et or, dont les mille pointes brillent à la lueur de l’incendie, à leur petit manteau de drap rouge broché d’or. ”
“ Lorsque ce pays s’appelle le Japon, qu’il vit isolé à l’autre bout du monde, c’est alors surtout qu’il est bon de s’oublier soi-même, de se plier docilement aux conditions d’une existence nouvelle, de faire taire enfin tout sentiment d’amour-propre national. Quel peuple ne s’abandonne volontiers au penchant de croire que rien n’est beau ni logique en dehors de ce qui porte l’empreinte de sa fabrique ou de ses mœurs ? ”
