Résumé

Alfred Roussin Une campagne sur les côtes du Japon

Les hautes classes du peuple japonais avaient raison, sans doute, de voir dans l’influence des idées égalitaires sur les classes inférieures une menace pour leur autorité et leurs priviléges. Mais peut-être, en prévoyant une révolution sociale, s’étaient-elles un peu trop hâtées de la croire imminente. Habituées à une existence paisible, vivant du travail, il est vrai, mais ignorant la misère, à l’abri des soucis qui amènent l’ambition et la soif d’acquérir, les classes inférieures du Japon ne sont pas faites pour comprendre l’esprit remuant et inquiet de notre époque.
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Alfred Roussin Une campagne sur les côtes du Japon

Le Taïcoun ne peut pas désobéir ouvertement à l’Empereur, ce qui délierait immédiatement les principaux princes de leur serment d’obéissance, mais si jamais la guerre devait éclater entre eux, le Taïcoun aurait pour lui la position imprenable du Quanto (province de Yedo) ; les Daïmios Gofoudaï, les 80 000 Hattamottos et les nombreux Yacounines suffiraient à la défendre, et envahiraient même les domaines des princes dès que ceux-ci se seraient mis en campagne. Pour ce qui est du secours étranger, c’est un moyen extrême : il faut comparer le Japon à un corps attaqué par des ulcères.
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Alfred Roussin Une campagne sur les côtes du Japon

Le branle-bas est sonné : chacun est à son poste et le plus grand silence règne à bord. Notre attention se partage entre l’examen de la côte où doit être l’ennemi et la vue d’un splendide panorama : sur les deux rives, des collines couvertes de bois, des ravins verdoyants descendent jusqu’à la mer. Quelques jonques à la voile s’engagent devant nous dans le détroit, et disparaissent successivement derrière une pointe de Kiousiou. C’est un peu plus loin, cachée par cette pointe, que se trouve, à six kilomètres environ, la ville de Simonoseki.
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