“ On s’habitue vite aux choses que naguère l’imagination n’eût pas osé rêver et qui maintenant semblent toutes simples. Le fils du Taïcoun, ce prince mystérieux d’un empire jadis impénétrable, applaudissant des gymnastes du Japon, ses sujets, à Paris, sur le boulevard des Filles-du-Calvaire, devant une assemblée venue des cinq parties du monde, et parlant toutes les langues que fit naître la dispersion de Babel, cela ne paraissait surprenant à personne. ”
Taïcoun
Définition et enjeux
Citations sur “Taïcoun”
Stella Blandy,
Le Petit Roi
(1877)
“ Ce lieutenant devint plus puissant que son maître, et le Mikado ne fut plus qu'une sorte d'idole adorée par respect des traditions. Dans la suite — à quelle époque? je n'en sais rien — on donna à ce chef temporel le nom de Taïcoun. Le Taïcoun a au-dessous de lui tous les princes du Japon qu'on appelle daïmios, qui ont des serfs comme autrefois nous autres en Russie, mais qui sont plus puissants, plus indépendants que nous ne l'étions. ”
Arthur de Boissieu,
Lettres d'un passant par Arthur de Boissieu
(1869)
“ Bien qu'il ait les goûts d'un Chinois, Taïko-Sama est un Japonais pur sang, étant né dans l'île Xicoco, une des plus grandes de celles qui flottent, comme des vaisseaux, sur l'océan Pacifique. Pris à vingt ans du désir de connaître et du goût de voyager, il avait accompagné, dans sa visite à l'Exposition universelle, le frère de cette émanation du ciel appelée Taïcoun par les frivoles humains. Il a lui-même une parenté incontestable avec les astres du ciel, et s'honore à juste titre de compter parmi ses ancêtres un empereur tombé jadis du firmament comme une rosée bienfaisante. ”
Alfred Roussin, Une Révolution au Japon - la chute du taïcoun et les daïmios
“ Les relations avec les fonctionnaires du taïcoun étaient empreintes de plus de confiance que par le passé. Le gouvernement de Yeddo était arrivé à reprendre un certain ascendant, à faire accepter, par exemple, la présence des étrangers, que personne ne remettait plus en question. La bonne entente des représentans européens à cette époque avait contribué à ce résultat. Une étroite communauté d’action avait été pour eux la suite naturelle des dangers qu’on venait de traverser. ”
Abel Nicolas Georges Henri Bergasse Du Petit-Thouars, Le vice-amiral Bergasse Du Petit-Thouars… (1906)
“ Ses successeurs, tout en passant quelquefois d'une maison de daïmio dans une autre, ont continué à jouer le même rôle. Ces taïcouns ne sont donc, à vrai dire, que des maires du palais, représentant toutefois le pouvoir exécutif... Naturellement tous les autres daïmios les jalousent. Lorsque les Européens commencèrent à entrer en relations avec les Japonais, c'est au taïcoun ou à ses agents qu'ils eurent affaire, puisqu'il dirigeait tout; ils s'imaginèrent donc qu'il était le véritable souverain. ”
Alfred Roussin, Une Révolution au Japon - la chute du taïcoun et les daïmios
“ Des personnes appelées à voir de près les hommes qui dirigeaient les affaires ont pu nous éclairer sur le désordre et la faiblesse du gouvernement. Les daïmios faisant partie du gorodjo et des autres conseils, les hauts fonctionnaires étaient pour la plupart divisés, à l’exemple des grandes familles de l’empire, par des haines et des rivalités personnelles. Aucun des membres du gorodjo n’était un homme de valeur. Quelques vice-ministres seuls, amis du taïcoun [11] , cherchaient vainement à faire exécuter les ordres qu’il envoyait de Kioto. ”
“ Le taïcounat est une institution moderne datant de la fin du XVIe siècle. A force d’énergie et de ruses, d’un côté par des victoires, de l’autre par des alliances de famille habilement ménagées, Hiéas parvint à dominer le Japon, à faire plier sous sa volonté tous les seigneurs ses rivaux, enfin à imposer à l’empereur la création du taïcounat actuel. ”
Alfred Roussin, Une Station navale au Japon en 1863-1864
“ Chaque fonctionnaire se voit surveillé par son collègue, tandis que lui-même en surveille un autre. C’est ainsi que les taïkouns, dans leurs jours de puissance, ont institué la charge d’un grand-juge qui habite à Kioto un palais situé en face de celui du mikado, avec la mission apparente de veiller à la sûreté de ce souverain, mais pour épier en réalité ses moindres actions. Les princes, eux aussi, ont des espions attachés par le taïkoun à leur personne, et qui rendent un compte détaillé de leur conduite à Yédo ; les daïmios en revanche entretiennent des agens à la cour du taïkoun. ”
Lodoïx Enduran, Les saints martyrs japonais
“ Le jeune Taïkong obéira, sans aucun doute, à l’appel du Micado ; il est trop capable, cependant, pour ne pas comprendre que ce voyage est pour lui une question de la plus haute gravité. Il ne quittera Jeddo que lorsqu’il aura armé son parti suffisamment pour le soutenir contre une surprise et l’appuyer dans la défense qu’il présentera à l’Empereur. La lutte qui se prépare réveillera bien des haines, bien des ambitions qui dormaient depuis des siècles. ”
Th. Aube, La Chine à la veille de la Guerre…
“ Sept années se sont passées depuis le jour où la dynastie Taï-ping est entrée en lutte avec la dynastie tartare, et l’on n’ose encore asseoir un jugement définitif sur l’homme qui l’a fondée. Chrétien convaincu, tel que peut l’être un homme qui n’a eu pour tout enseignement que la Bible et vivant au milieu d’une société païenne, imposteur cherchant un appui dans de prétendues révélations divines, politique profond ou simple instrument d’hommes ambitieux, le Taï-ping-wang est encore pour l’Europe, pour le monde entier, un mythe inexpliqué. ”
Raoul-Charles Villetard de Laguérie, La Corée, indépendante, russe, ou japonaise
“ LE TAÏ-OUEN-KOUN. Devenue mère d’un fils, mais toujours ermite dans le Royaume Ermite, du fond du sérail, la reine entourée de traîtres, d’embûches de toutes sortes, défendit contre le Taï-Ouen-Koun, l’homme « au cœur de pierre et aux entrailles d’airain », le trône de son mari et de son fils, son propre pouvoir occulte, comme une louve défend ses petits. Elle fit face à tout, et déploya, avec une intelligence et une volonté supérieures, une souplesse infatigable et une énergie qui firent fatalement défaut à son piteux époux. La renommée lui prêta d’effroyables cruautés. ”
Rodolphe Lindau, Revue des Deux Mondes
“ On ne peut nier que la cour du taïkoun s’efforce de concentrer toute la puissance du Japon à Yédo. Là sont les armes et les navires étrangers, là, s’élèvent des écoles où l’on enseigne les arts et les sciences de l’Occident. Le commerce avec les barbares n’a lieu que dans les domaines du taïkoun ; les grands daïmios n’ont pas le droit de lui ouvrir leurs ports ; il n’enrichit que les sujets du taïkoun, et celui-ci en tire pour lui-même des bénéfices considérables. Le but que poursuit le gouvernement de Yédo n’est-il pas facile à prévoir ? ”
Alfred Jacobs, Revue des Deux Mondes
“ Au regard qu’il jette sur le sauvage, si brave de sa personne, mais si insouciant et si peu industrieux, on voit qu’il le regarde comme sa proie. À peine établi dans l’île, un de ces Chinois avait remarqué la faveur dont les bibles sont l’objet parmi les indigènes. Ce sont des missionnaires anglicans qui ont fait la première éducation religieuse de Taïti, et l’introduction du catholicisme avec la domination française n’a pas altéré les primitives affections des naturels. ”
Rodolphe Lindau, Revue des Deux Mondes
“ Vassaux du taïkoun, les nouveaux nobles devaient lui rendre hommage, lui payer tribut, se soumettre à une conscription militaire, et restituer dans certains cas, si leur suzerain l’exigeait, les fiefs dont ils avaient été investis. Une assemblée de grands daïmios était chargée de proposer les mesures d’intérêt général ; le taïkoun avait à les exécuter lorsqu’elles avaient reçu la sanction du mikado. Le taïkoun était donc en réalité le chef du pouvoir exécutif, pouvoir représenté par le gorodjo, ou conseil des cinq, siégeant en permanence à Yédo. ”
Rudolf Lindau,
Un voyage autour du Japon
(1864)
“ Si les taïkouns n'en sont pas moins restés, pendant des siècles, tranquilles possesseurs d'un pouvoir qui devait inévitablement susciter contre eux des jalousies et des haines, il faut chercher l'explication de ce curieux état de choses dans les lois par lesquelles Hiéas, le fondateur de la dynastie actuelle, avait lié sa cause à celle des divers princes japonais, en subordonnant la position et l'indépendance des daïmios à la position et à l'indépendance du taïkoun. ”
Édouard Fraissinet, Le Japon : histoire et description… (1853)
“ Ce qui avait le plus irrité l'Empereur, c'est que des Portugais avaient à plusieurs reprises acheté des indigènes, les revendant aux Indes comme esclaves. Taïko rendait les Pères responsables de tous les méfaits de leurs compatriotes; et c'est pour en tirer une éclatante punition qu'il avait fait signifier à Oucondono, de renoncer à la Foi des chrétiens pour revenir à la religion de ses pères, sous peine d'être banni, dépouillé de tous ses biens et des charges qu'il avait à la Cour. ”
Jacobus X, L’Amour aux Colonies
“ La vie fortunée des Tahitiens. — La civilisation moderne n’a pu transformer la race Tahitienne. Si aujourd’hui le Tahitien ne fait plus publiquement l’amour comme ses ancêtres, l’amour n’en est pas moins resté son unique préoccupation. Il est simplement devenu plus hypocrite : au fond, il est resté le même. Les récits des voyageurs modernes sont affirmatifs sur ce point. Les peuples de race Saxonne et Sémitique font passer le business avant tout. Au contraire, l’amour est la principale occupation dans la race Tahitienne. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Le grand-sage se fit apporter la relique de Baal-Zéboub, enfermée dans une petite boîte en or ; il la tint quelques instants au-dessus du réservoir d’eau ; le vent mugit, comme si nous eussions été en pleine campagne ; mais l’eau ne se troubla point. En vain, tous les Chinois criaient-ils, pleins de rage : « Taï-phoun ! taï-phoun ! » Le typhon ne régnait que pour nous, ronflant sous les voûtes du temple qui frémissaient, tandis que les murs semblaient osciller, prêts à s’effondrer et à nous engloutir ”
Henri de Régnier,
Contes et romans
“ « Certes, ton ministre Taï- Pou est un très vertueux et très savant conseiller. C'est l'homme le plus sage de ton royaume et l'esprit le plus subtil de toute la Chine. Il sert fidèlement ta gloire. Mais es-tu sûr qu'il ait pour toi tout l'amour que l'on doit à ta personne céleste? Es-tu bien certain qu'il ne soit rien qu'il te préfère? A ta place, je le soumettrais à quelque épreuve afin d'être éclairé pleinement sur l'étendue de son dévouement. » Ainsi parla le dieu perplexe. Que penses-tu, ô Taï-Pou, de ces paroles nocturnes? Un large sourire dilata la face jaune de Taï-Pou. ”
Onésime Reclus,
France, Algérie et colonies
“ Près des bois de cocotiers, sous les arbres à pain dont le fruit les nourrit, les Taïtiens vivent heureux au bord des ruisseaux tombés de la montagne. Ils sont grands, très bien faits, souvent beaux de visage. Ils parlent une langue mélodieuse, presque sans consonnes, gracieusement enfantine, et passent pour les plus voluptueux des sauvages. Les premiers Européens qui virent Taïti furent émerveillés de la bonne grâce de ce petit peuple, et Bougainville appela ce lieu charmant la Nouvelle-Cythère. ”
Lodoïx Enduran, Les saints martyrs japonais
“ Elle est cependant loin, d’être épurée et n’en est que plus hostile, plus haineuse pour l’étranger. Le gouvernement, sans avoir une idée juste de la situation, a le sentiment de sa gravité. L’envoyé du Micado lui a dit des vérités que la flatterie et la corruption qui entourent le Taïkong tenaient cachées avec grand soin. Le gouvernement, dans son chef, est cité au tribunal du vrai souverain. ”
Rodolphe Lindau, Revue des Deux Mondes
“ La maison du taïkoun, en y comprenant les fonctionnaires, soldats et domestiques, compte, à ce que l’on dit, 180,000 personnes. En ajoutant à ces chiffres, ainsi qu’à celui que j’ai donné pour les bourgeois et artisans, 200,000 prêtres, moines et nonnes qui habitent les couvens et les temples, 200,000 voyageurs et pèlerins, 50,000 parias, c’est-à-dire hettas [26] , christans [27] et mendians, on trouve que la population entière de Yédo ne monte pas à moins de 1,700,000 individus [28] . Ce chiffre est encore inférieur à celui que certains voyageurs, M. de Siebold entre autres, ont indiqué ”
Adolphe Boucher, Histoire dramatique et pittoresque des Jésuites… (1845-1846)
“ En même temps, pour achever de regagner les bonnes grâces du Coubo, les Jésuites se font courtisans, ils se font même soldats. Taïko, dont ils flattent l'humeur belliqueuse, envoie, sur leur conseil, des troupes faire la conquête d'une partie de la Corée, cette presqu'île du continent asiatique qui termine à l'Orient l'empire de la Chine, et n'est séparée de celui du Japon que par un bras de mer peu considérable. L'armée envahissante était en grande partie composée de chrétiens ”
Lodoïx Enduran, Les saints martyrs japonais
“ Mais les peuples oublient vite les services rendus. Les chogoons, enflés de leurs succès, commencèrent cette petite guerre de tracasserie contre le chef de l’empire et ce système de tyrannie contre les daïmios, qui finit par révolter l’opinion. Le jeune Taïkong est un homme d’une capacité peu commune. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
(1773 - 1776)
“ Ensuite cette inscription, qui n’est pas dans le style lapidaire, nous instruit que l’Évangile n’était bien connu que dans le royaume de Tacin, qui est la Judée ; que Tacin confine à la mer Rouge par le midi, avec la montagne des Perles par le nord, etc. ; que, dans ce pays d’évangile, les dignités ne se donnent qu’à la vertu ; que les maisons sont grandes et belles ; que le royaume est orné de bonnes mœurs. Le prince Caocum, fils de l’empereur Taïcum, ordonna bientôt qu’on bâtit des églises dans toute la Chine, à la façon de Tacin. ”
J. E. Roy, La Chine et la Cochinchine : géographie physique et politique… (1877)
“ On sait quelle répugnance inspire aux Chinois tout ce qui est nouveau et tout ce qui est étranger. Pour répondre à cette accusation, Taë-ping-ouang démontre, par les annales de la Chine et par les classiques chinois, que dans les temps les plus reculés, depuis Poan-kou, le premier homme dont il soit parlé dans l'histoire de la Chine, jusqu'à l'ère des trois dynasties, les princes et les peuples honoraient et respectaient le grand Dieu. ”
Élie Roy, Les colonies françaises en 1858 (1858)
“ Les femmes sont plus délicates que les Taïtiennes. Les indigènes se couvrent de tatouages, usage inconnu à Taïti. Leur langue, quoique offrant des racines analogues à celle qu'on parle dans les îles de la Société, forme néanmoins un dialecte tranché. Malgré leur goût d'anthropophagie, et bien que les tatouages dont ils se peignent et les ornements guerriers dont ils se couvrent leur donnent parfois une apparence féroce, les indigènes sont assez doux, mais moins accessibles pourtant à la civilisation que leurs voisins de Taïti. ”
Adolphe Lacoudrais, Lettre à un vice-amiral, par M. Lacoudrais… (1850)
“ Dès cet instant, tous les indigènes se levèrent et suivirent, en jetant des cris d'approbation et en manifestant leur joie, par mille démonstrations étranges : c'était une véritable,fête improvisée. Cet événement, dont je succès est dû à notre révérend missionnaire, est, en lui-même extrêmement heureux, en ce qu'il consolide la paix entre les Taioas et les Taïs, dont Moana est le roi; de plus il assure également la paix de toute l'île : car la princesse, Taïpi par naissance, est chez les Taïpis l'héritière du pouvoir suprême, par l'adoption qu'elle a faite du fils du chef de la tribu. ”
René Théry, L'Indochine française (1931)
“ On retrouve chez ce peuple ce que nous avons dit de l'organisation familiale des Thaï, de leur vêtement, de leur langue et de leur écriture; ses conditions d'habitat et d'alimentation sont comparables à celles des Khmer, des Chan et des Thaï; sa religion ne diffère pas de celle des Tho du Haut Tonkin. Mais plusieurs particularités sont à souligner à d'autres points de vue. Physiquement, sa couleur, selon les métissages, va du blanc au brun foncé; sa taille moyenne ne dépasse pas 1 m. 60; l'oeil, grand et sombre, est très expressif. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
(1773 - 1776)
“ Il établit les pôles des cieux, et il opéra excellemment avec le rien... Enfin une femme vierge engendra le saint dans Tacin en Judée ; et la constellation claire annonça la félicité... Or, du temps de Taïcum-veu, très-illustre et très-sage empereur de la Chine, arriva du royaume de Tacin, en Judée, un homme ayant une vertu suprême, nommé Olopuen, conduit par des nuées bleues, apportant les écritures de la vraie doctrine, contemplant la règle des vents pour résister aux dangers auxquels ses travaux l’exposaient. ”
