Rodolphe Lindau

Résumé

Rodolphe Lindau Revue des Deux Mondes

L’amour de l’isolement, l’attachement aux choses présentes, d’où naît une certaine étroitesse de vues, la défiance des nouveautés et l’horreur des révolutions, ces différentes faces du caractère japonais s’expliquent d’elles-mêmes pour qui a pu voir la région où il s’est développé. Heureux dans la possession, indiscutée des richesses qu’ils ont reçues de la nature, les Japonais, on le concevra sans peine, n’ont eu besoin d’aucun effort pour mettre leurs goûts et leurs penchans dans un parfait accord avec ce que le pays et l’état de leur civilisation leur offraient.
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Rodolphe Lindau Revue des Deux Mondes

L’ingratitude, qu’on reproche aux Chinois, n’est certainement pas le vice des Japonais. Ils gardent un long souvenir du bien qu’on leur a fait, de même qu’ils ne pardonnent pas le mal qu’on leur a causé. Reconnaissance et ressentiment sont des manifestations en sens contraire d’une seule et même qualité de l’âme. Qui porte cette qualité en soi est capable de dévouement et de haine : elle existe chez les Japonais, et il n’est pas besoin de rapporter à un autre mobile leur patriotisme fanatique et leur farouche passion de vengeance.
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Rodolphe Lindau Revue des Deux Mondes

On ne peut nier que la cour du taïkoun s’efforce de concentrer toute la puissance du Japon à Yédo. Là sont les armes et les navires étrangers, là, s’élèvent des écoles où l’on enseigne les arts et les sciences de l’Occident. Le commerce avec les barbares n’a lieu que dans les domaines du taïkoun ; les grands daïmios n’ont pas le droit de lui ouvrir leurs ports ; il n’enrichit que les sujets du taïkoun, et celui-ci en tire pour lui-même des bénéfices considérables. Le but que poursuit le gouvernement de Yédo n’est-il pas facile à prévoir ?
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