Résumé

Gouverneur Morris Journal de Gouverneur Morris, ministre plénipotentiaire des États-Unis en France de 1792 à 1794…

Le samedi, 7 juillet, l’Assemblée a joué une farce dont les principaux acteurs remplirent bien leur rôle ; le roi fut trompé selon l’habitude, et nous marchons à grands pas à la catastrophe finale. Pendant quelques semaines les partis en présence, c’est-à-dire la Cour et les Jacobins, se sont efforcés de se rejeter mutuellement l’odieux d’avoir violé totalement la Constitution et d’avoir commencé la guerre civile. Le parti qui s’appelle indépendant, et qui est de fait le parti des peureux, demande instamment la paix, et saisit avec empressement tout ce qui en a l’air ou le nom.
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Gouverneur Morris Journal de Gouverneur Morris, ministre plénipotentiaire des États-Unis en France de 1792 à 1794…

J’avais acheté à Londres un gros chien de Terre-Neuve pour la duchesse d’Orléans. Je l’emmène aujourd’hui au Palais-Royal où je vais dîner, et le présente à Son Altesse Royale, qui paraît bien contente ; le vicomte de Ségur « le prend en amitié ». Cela s’entend. Je fais un tour avec le comte dans les jardins, puis je vais au club tuer un peu le temps. La journée a été splendide. Je pense que jamais dans ma vie je n’ai eu l’esprit agité par autant d’objets différents qu’en ce moment, et je ne puis commencer aucune affaire sans qu’une autre ne se mette constamment en travers.
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Nous parlons ensuite des meilleurs moyens d’atteindre le but désiré, et je lui donne quelques notions des principes généraux qui tendent à la richesse et au bonheur d’une nation, et qui reposent sur les sentiments du cœur humain. Il en est frappé, comme les hommes de réel talent le sont toujours quand on leur révèle réellement la vérité ; c’est là, soit dit en passant, le principal charme de la conversation. Il est au contraire terriblement fatigant de remonter aux premiers principes pour ces esprits obtus qui voient juste assez loin pour s’égarer. Je laisse l’évêque avec Mme de Flahaut.
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