Guillaume Desjardins

Résumé

Guillaume Desjardins A Monsieur A. de Chateaubriant… (1831)

Quelque chose d'étrangement, de criminellement sublime si vous voulez, se passe dans l'homme. On pense avec la pensée de plusieurs millions d'hommes, on s'exalte avec les passions des masses, on s'agite du mouvement d'un peuple, on grandit de tous les dangers d'une nation : c'est l'âme de Brutus qui s'élève, s'étend et se multiplie dans quelques corps pour tous les sacrifices. L'âme collective de la société, la patrie seule peut comprendre et contenir ces formidables colosses à leur apparition, le coeur étroit de l'homme ne saurait leur donner place.
Source : Gallica

Guillaume Desjardins A Monsieur A. de Chateaubriant… (1831)

M. de Chateaubriant a toujours lu la grande Charte de l'humanité, sous quelques caractères gothiques qui se détachent en relief pour l'oeil prévenu du gentilhomme, et offusquent sans cesse la pensée du publiciste populaire à contre coeur. C'est un homme constamment emprisonné dans une église ou un manoir du moyen âge, qui contemple à travers les vitraux bariolés de mille couleurs, l'abîme et la majesté des cieux. La Souveraineté du Peuple est trop profonde pour que l'homme d'état en tire les réalités de la vie politique
Source : Gallica

Guillaume Desjardins A Monsieur A. de Chateaubriant… (1831)

Les peuples n'ont aujourd'hui ni le temps, ni la patience déjouer au grand-papa, avec des régences d'enfant et des ambitieux. Il leur faut autre chose que de petits prodiges d'espérance et d'amour.
La forte table en effet pour asseoir un grand peuple, que l'innocence et le malheur ! Le bel étendard vraiment pour mener des nations sans foi dans les légitimités, contre des nations sans pitié pour les libertés. La puissante barrière à opposer au débordement des serfs de l'Europe et des esclaves de l'Asie, que tous ces jolis mots du coeur et cette parade du sentiment.
Source : Gallica

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