Général Humbert

Résumé

Général Humbert Revue des Deux Mondes

En attendant le cataclysme réservé par Dieu et qui sera le coup de tonnerre qui marquera l’instant, le commencement de l’effondrement, l’usure continue dans de bonnes conditions. Le nombre de cadavres allemands qui s’empilent en Champagne et en Argonne devient énorme ; les munitions de l’ennemi diminuent rapidement ; obligés d’amener par ici renforts sur renforts, les fronts s’étirent, s’amaigrissent. La faim travaille là-bas les cervelles et les entrailles. C’est le cri lamentable de toutes les femmes dans leurs lettres ramassées sur les cadavres des maris et des fils.
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Comme dans cette dernière, c’est la fortification de campagne qui s’oppose à la progression ; tout comme les Russes, les Allemands s’épuisent à soutenir cette frêle barrière ; tout comme eux, ils crouleront, soit sous un assaut décisif comme à Malakoff, soit (c’est l’hypothèse la moins probable) parce qu’ils crèveront de faim.
Quelle que soit la forme de la victoire, peu importe, l’essentiel est de mettre le Teuton dans l’impossibilité d’« embêter » le monde entier comme naguère.
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« Tout général en chef qui, en conséquence d’ordres supérieurs, livre une bataille avec la certitude de la perdre est criminel.
« Un général en chef reçoit des instructions qui ne sont jamais des ordres militaires et n’exigent pas une obéissance passive.
« Un ordre militaire n’exige une obéissance passive que lorsqu’il est donné par un supérieur présent au moment où il le donne. »
Voilà la loi.
Le problème angoissant, à l’heure qu’il est, c’est la Serbie : ils sont 300 000 contre 300 000 Austro-Boches, plus 300 000 Bulgares, plus 200 000 Tures.
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