Henri Carré 

Résumé

Henri Carré  Revue des Deux Mondes

L’Anglais aime passionnément les sports : c’est dire qu’il ne redoute pas la peine, qu’il aime la lutte, qu’il se complaît au spectacle de l’effort, de la violence même, pourvu qu’elle demeure sportive ; car il possède l’esprit combatif individuel.
D’autre part, le patriotisme, le loyalisme, l’énergie tenace, le sentiment de la discipline, le calme et le sang-froid, toutes ces qualités natives, dès qu’y sera joint l’esprit de sacrifice universel, contribueront à faire du soldat anglais, même non volontaire, un combattant redoutable.
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Henri Carré  Revue des Deux Mondes

Nous savons que la défaite ou une paix équivoque (inconclusive) signifie pour nous non seulement la perte de prestige comme nation et la certitude que le conflit se rouvrira dans peu d’années, mais la ruine de ces libertés personnelles et de ces privilèges qui vous ont demandé des siècles d’efforts à conquérir.
« La responsabilité de la victoire ou de la défaite repose sur ceux qui n’ont pas encore répondu à l’appel. C’est pourquoi rejoignez comme volontaires, pour la défense de votre pays. »
Cependant, le chef du gouvernement, M. Asquith, ne cachait pas sa répugnance pour la conscription.
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Henri Carré  Revue des Deux Mondes

On conçoit que le citoyen anglais tienne par-dessus tout à une liberté individuelle si ancienne, si traditionnelle, si fortement garantie par les lois, si ancrée dans les mœurs, si respectée par tout ce qui détient sur le sol britannique une parcelle d’autorité. Or, aucune notion ne s’oppose plus directement aux principes de cette liberté que le service militaire.
Une autre cause de la répugnance anglaise, c’est le privilège de l’insularité, dont la nation se montre si fière, la base du fameux orgueil britannique.
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