Résumé

J.-A. Jourdain Arrivée de Buonaparte aux Enfers…

C'est dans le coeur de ses peuples qu'un bon roi veut élever des monumens à sa gloire. Un tyran fastueux veut en ériger sur le sommet des montagnes et dans les cités qu'il a remplies de deuil et de carnage. Un monarque vraiment grand méprise ce vain attirail, qui n'est fait que pour masquer la petitesse d'un sultan d'Asie. Ami de la simplicité, économe des richesses dont il n'est que le dépositaire, il bannit de sa cour le luxe et l'oisiveté, les mauvaises moeurs et l'adulation, avec autant de facilité qu'un despote usurpateur en bannit la modération, la décence et la vertu.
Source : Gallica

J.-A. Jourdain Arrivée de Buonaparte aux Enfers…

Comme il n'y a pas d'exemple, dans les annales de la tyrannie, d'un crime aussi réfléchi, aussi froidement atroce ; comme l'assassinat du duc d'Enghien est le plus lâche et le plus odieux des attentats ; qu'il annonce un caractère de perfidie inoui dans l'histoire des grands forfaits, un mépris absolu pour tout ce qu'il y a de plus sacré parmi les hommes : je jure par le Styx, et je déclare que cet exécrable tyran était le plus grand fléau qui ait jamais tourmenté l'espèce humaine, et qu'il eût été capable d'immoler le monde à son ambition dévorante.
Source : Gallica

J.-A. Jourdain Arrivée de Buonaparte aux Enfers…

Te voilà donc enfin parmi nous, dévastateur du monde, fléau de l'espèce humaine, toi qui nous a tous surpassés eu despotisme, en perfidie, en démence, en cruauté, en orgueil et en ambition !... Pluton, après avoir recueilli les suffrages de dix millions d'ombres qui t'accusent, nous a ordonné de t'escorter dans son palais, et de te conduire après ton jugement jusqu'au lieu de ton supplice. Jamais tu n'eus là-haut un cortége plus digne de toi. Tu sais que la consolation des malheureux est d'avoir des campagnons d'infortune.
Source : Gallica

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