Résumé

Jean Le Fort Revue des Deux Mondes

La loi sur l’administration de l’armée soulève deux questions principales dont l’importance n’échappera à personne. L’intendance conservera-t-elle son indépendance ou sera-t-elle soumise à l’autorité du commandement, c’est-à-dire du général commandant le corps d’armée ? La chirurgie militaire continuera-t-elle à faire partie des services administratifs, à être dirigée par l’intendance ; ou bien, obtenant son autonomie, comme le génie et l’artillerie, sera-t-elle dirigée par un médecin en chef sous la haute et unique autorité du commandement militaire ?
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Jean Le Fort Revue des Deux Mondes

Ainsi que le dit si justement le règlement allemand sur le service de santé en temps de guerre : « Les armées étant toujours sous la menace d’épidémies, qui sont les plus redoutables ennemis des troupes en campagne, » la direction des mesures d’hygiène ne saurait être laissée à une administration incompétente, et le rôle du médecin ne saurait être réduit à celui d’un simple praticien. La guerre de Crimée n’a que trop montré que le plus grand danger pour le soldat n’est pas toujours le feu de l’ennemi, et qu’une mauvaise organisation est plus meurtrière que les balles.
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Jean Le Fort Revue des Deux Mondes

La médecine ne nous enseigne pas seulement à soigner les malades, elle nous montre comment on peut en diminuer le nombre en prévenant les maladies par des mesures d’hygiène. Dans la vie civile, où chacun conserve son indépendance, le rôle du médecin dans le domaine de l’hygiène est fort restreint ; mais dans la vie militaire, là où, du reste, le danger augmente par la réunion d’un grand nombre d’hommes, mais aussi où le commandement agit non plus seulement par des conseils, mais par des ordres, ce rôle de l’hygiène peut être considérable.
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