Jules Claretie

Jules Claretie

Résumé

Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Lud. Halévy

Ce que je dis là d’une œuvre seule, je le pourrais dire du théâtre tout entier des deux collaborateurs. J’aurais voulu m’arrêter encore sur Fanny Lear, cette œuvre forte, bizarre, hautaine où Mme Pasca fut si supérieure, comme la pauvre Desclée avait été si admirable dans Frou-Frou. Mais, pour caractériser le théâtre d’Halévy et de Meilhac, peut-être vaut-il mieux choisir telle comédie leste et courte comme, par exemple, les Sonnettes. C’est, comme le Roi Candaule, un modèle du genre. Là l’esprit fait rage et court au bout de chaque phrase avec une vivacité charmante.
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Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Lud. Halévy

Je ne connais rien dans le théâtre contemporain de supérieur aux trois premiers actes de Frou-Frou. D’autres ont fait plus violent, plus fort, plus nerveux, plus amer ou plus mâle, nul n’a fait plus distingué et plus exquis. La femme mondaine d’aujourd’hui, la folle sans amour, la capricieuse et la fébrile créature qu’ont pétrie dans un certain milieu les mœurs nouvelles, la déséquilibrée et l’hystérique à la Charcot dont devait, plus tard, s’emparer le roman contemporain, est peinte là avec toutes ses fantaisies d’enfant gâtée et inoccupée.
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Portrait de Jules Claretie Jules Claretie Lud. Halévy

Oui, un Français de la famille de Mérimée et de Stendhal, un Parisien de l’école de Musset, tel réapparaît Ludovic Halévy dont l’œuvre inachevée encore, Dieu merci, est faite pour les délicats et dont le caractère, ce qui ne gâte rien, est des plus sûrs que je connaisse dans notre monde littéraire. Correct comme sa phrase, net comme son style, avec beaucoup d’esprit et une raillerie bienveillante dont le fond serait volontiers mélancolique, voilà l’homme.
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