Résumé

La Ligue de l'indépendance. Lettre aux départements… (1869)

L'inégalité de situation entre les partisans et les ennemis du gouvernement dans la presse tient enfin à une autre cause capitale : c'est la qualité du public qui juge les débats de la presse. Ce public n'est pas la majorité du pays dont on n'entend la voix que dans les grands scrutins. C'est ce qu'on appelle l'opinion publique. Devant ce tribunal, juge et partie, essentiellement frondeur, il faut que l'avocat du gouvernement ait dix fois raison... pour avoir raison, tandis que si son adversaire n'a pas dix fois tort, il est sûr d'avoir raison.
Source : Gallica

La Ligue de l'indépendance. Lettre aux départements… (1869)

A Paris, la presse d'opposition est incontestablement plus forte que la presse gouvernementale. Elle l'emporte, non seulement par l'étendue de son public, mais par l'ardeur des convictions et peut-être par le talent. Je sais des partisans du gouvernement qui s'émeuvent de cette circonstance, et j'ai souvent entendu aussi des adversaires du gouvernement la signaler comme un indice assuré de leur triomphe prochain. Pour moi, il n'y a là qu'un fait naturel et inévitable.
Le pouvoir est comme le paradis : il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus.
Source : Gallica

La Ligue de l'indépendance. Lettre aux départements… (1869)

Les partis sont une conséquence fatale de la faiblesse de notre intelligence. Ce sont des miroirs partiels ne pouvant refléter que des portions de vérité. Il n'y a peut-être pas de parti qui ait tout-à-fait tort, comme il n'y en pas qui ait tout-à-fait raison. Chacun d'eux possède une parcelle de vérité qui fait sa force par l'ardeur qu'elle lui communique, comme elle fait sa faiblesse par l'aveuglement dont elle le frappe sur tout le reste.
Je comparerais volontiers l'action des partis en politique à celle de la division du travail en industrie.
Source : Gallica

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