Résumé

Le Creusot, son industrie, sa population… (1867)

D'ordinaire, dans les villes, le patron prend ou renvoie les ouvriers, suivant l'abondance du travail, et ceux-ci passent d'atelier en atelier sans s'attacher à aucun. Au Creusot, l'ouvrier se sent stable et comme immeuble par destination; aussi paie-t-il en attachement et en dévouement. Si le patron éprouve parfois l'embarras d'alimenter constamment la main-d'œuvre, il profite, en revanche, des services que rend une population formée et disciplinée. C'est comme une famille qui ne calcule pas ses rapports au jour le jour et demeure attachée par des liens durables.
Source : Gallica

Le Creusot, son industrie, sa population… (1867)

Sous ce double rapport, l'exemple que fournit le Creusot tire une importance capitale de ce qu'il repose sur une expérience non interrompue de trente années ; de ce qu'il s'applique à une agglomération considérable et toujours croissante; de ce qu'il se concilie avec une prospérité industrielle qui n'a pas faibli d'un jour, et qui aboutit à l'une des plus puissantes et des plus vastes organisations de l'industrie privée.
Le meilleur instrument pour l'industrie, c'est un bon personnel : et réciproquement ce qui assure l'avenir de l'ouvrier, c'est la prospérité de l'industrie.
Source : Gallica

Le Creusot, son industrie, sa population… (1867)

Dans sa vie habituelle, l'ouvrier du Greusot est calme et sobre.
L'ivresse est rare, on peut dire que l'ivrognerie n'existe pas. Chaque soir, les rues sont silencieuses de bonne heure même le dimanche. Point de rixes, point de batailles. Le lundi, le travail est repris partout avec ponctualité.
Malgré une liberté absolue au dehors, dans la vie privée on reconnaît une population habituée à la régularité de l'atelier.
L'état moral de la population peut du reste se caractériser d'un mot. Au Creusot point de juge de paix, point d'huissiers, point de gendarmes.
Source : Gallica

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