Louise Colet,
Un drame dans la rue de Rivoli
(1847)
“ Oh ! le bonheur, vous me l’avez donné ! s’écria Diane éperdue ; vous m’aimez, Frédéric : c’est assez, je suis heureuse ; mais je le suis après une longue attente, après avoir désespéré de l’amour, et le ravissement que j’éprouve me rend craintive. Je me méfie de la destinée ! il me semble qu’elle me dispute déjà le bien si longtemps imploré. Partons, Frédéric, mettons notre bonheur à l’abri ; le monde qui nous entoure me remplit de terreur : ici la société m’enserre ; peut-être, à l’heure qu’il est, elle m’épie, jalouse de ma félicité. Depuis un an, Frédéric je venais à vous par la pensée. ”
